Les négociateurs commerciaux des États-Unis et du Canada se sont réunis mercredi, alors que la suspension de trois jours relative aux droits de douane prévus a expiré, un nouveau délai étant fixé pour samedi à 12 h 01 (heure de l'Est).
La suspension temporaire a mis fin aux tarifs de 50 % appliqués à environ 20 milliards de dollars de produits canadiens en vertu de l'article 338 de la Tariff Act de 1930. Les mesures visent les politiques canadiennes concernant l'alcool, les produits laitiers et les automobiles aux États-Unis, selon une proclamation de la Maison-Blanche. À la différence des tarifs précédents, ceux-ci s'appliqueraient quelle que soit l'éligibilité au titre de l'Accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA).
Les tarifs automobiles restent une source de frictions. Les États-Unis appliquent actuellement un tarif de 25% sur les véhicules et pièces canadiens importés, un taux que les constructeurs automobiles s'attendent à voir baisser. Le Canada a proposé de réduire le tarif à 10%, tandis que les États-Unis ont offert un taux de 15%. Le champ d'application de toute réduction – qu'il s'agisse des véhicules légers et lourds ou seulement des voitures et camions – reste non résolu. Le Canada souhaite également des précisions sur le fait si le contenu régional du Mexique, des États-Unis ou du Canada peut être déduit lors du calcul de l'éligibilité aux tarifs.
Jamieson Greer, le représentant américain au commerce, a suggéré que l'accord inclurait des clauses relatives à un accès complet au marché, des engagements en matière de sécurité économique, un alignement du commerce numérique et d'autres mesures. Le premier ministre canadien Mark Carney a fait état de « progrès considérables » dans les négociations, mais a souligné que du travail important restait à accomplir.
Le sentiment public au Canada semble favorable à une position ferme. Selon un sondage Leger publié mercredi, 56 % des Canadiens sont opposés à de nouvelles concessions aux États-Unis. La Chambre de commerce du Canada fait écho à l'urgence, avec la directrice générale Candace Laing qui déclare que l'actuelle « situation de limbo » n'engendre aucun avantage pour les deux parties et que « le temps est en effet compté ».
Le pipeline Keystone XL, annulé par le président Joe Biden en 2021, a refait surface dans les discussions. L’ancien président Donald Trump a suggéré, dans un message sur Truth Social, que le projet « pourrait être ressuscité de sa tombe », sans toutefois préciser son rôle dans les négociations en cours. Les responsables canadiens n’ont pas confirmé si la relance du pipeline fait partie des négociations.
Un accord doit être conclu avant l'échéance du weekend pour éviter l'imposition de nouveaux tarifs. Les négociateurs sont sous pression pour finaliser les termes avant la date butoir de samedi, les deux parties soulignant la nécessité d'un règlement qui répond à des irritants commerciaux vieux de nombreuses années tout en s'alignant avec des objectifs plus larges en matière d'économie et de sécurité.









