Les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge ont appelé à des négociations immédiates pour établir des règles internationales contraignantes régissant les armes autonomes, prévenant que cette technologie risque de franchir une « ligne rouge » dans les conflits.
Dans une déclaration conjointe publiée mardi à Genève, le Secrétaire général des Nations Unies, M. António Guterres, et la Présidente du CICR, Mme Mirjana Spoljaric, ont souligné la nécessité de bannir et de limiter clairement les systèmes entièrement autonomes. «Nous sommes sur le point de franchir une ligne rouge morale : le ciblage de personnes par des machines dotées de systèmes entièrement autonomes, ont-ils dit. La déclaration appelle les États à dépasser les discussions et à adopter des mesures déterminantes, y compris un instrument ayant force juridiquement obligatoire.
Les discussions sur les armes autonomes ont commencé en 2014, mais le progrès s'est arrêté dans un contexte de tensions géopolitiques. Les pays sont appelés à se réunir la semaine prochaine à Genève pour des discussions préparatoires en vue d'une conférence de réexamen formelle prévue pour novembre. Cette conférence, qui se tient tous les cinq ans, évaluera la mise en œuvre des accords en vigueur, même si aucune norme obligatoire spécifique aux armes autonomes n'a encore été adoptée.
Le Bureau des affaires de désarmement de l'ONU, dirigé par Carolyne Mélanie Régimbal, a réaffirmé que certaines décisions - en particulier celles qui impliquent la prise de vies humaines - doivent toujours rester sous le contrôle humain. « Aucune décision ne doit jamais être déléguée à une machine », a déclaré Régimbal lors d'une conférence de presse à Genève.
Bien que les armes entièrement autonomes soient déjà déployées dans certaines armées, comme les systèmes antimissiles embarqués sur les navires de combat, leur utilisation contre des cibles humaines n'a pas été enregistrée. Cependant, les armes semi-autonomes, assistées par l'IA, ont été employées dans des conflits en Ukraine, au Soudan, à Gaza, en Iran et dans le Golfe. L'application du droit international humanitaire (DIH) à ces systèmes est largement reconnue, mais il n'existe pas de normes internationales contraignantes dédiées.
L'opposition à de nouveaux instruments juridiquement contraignants persiste. La Russie et les États-Unis ont affirmé que les lois en vigueur étaient suffisantes, ce qui complique les efforts visant à entamer des négociations officielles. Les négociations de Genève, qui font appel au consentement unanime pour pouvoir progresser, doivent désormais surmonter d'autres obstacles, notamment les tensions géopolitiques récentes, notamment le retrait de certains pays européens du traité interdisant les mines antipersonnel suite à des menaces russes.













