Le Japon et les États-Unis ont conduit une intervention coordonnée sur les changes vendredi pour contrebalancer la dépréciation du yen, marquant ainsi une alliance informelle des changes qui relie la politique des changes à des priorités économiques et de sécurité nationale, selon les stratèges de Citi.
Cette mesure suit une période de faiblesse persistante du yen, avec le pair USD/JPY s'échangeant à 158,98 au terme de la journée de vendredi, en légère baisse par rapport aux sessions précédentes. Citi a noté que l'intervention représente le dernier pas dans un effort de coordination politique plutôt qu'une union monétaire formelle. Le vice-ministre japonais des Finances internationales, Atsushi Mimura, a caractérisé cette action comme la conséquence de cette alliance, qui s'est développée en parallèle des liens économiques et de sécurité entre Tokyo et Washington.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a évité d'implémenter un accord plus large du « Mar-a-Lago » visant à réformer le système monétaire international, selon Citi. Cependant, l'intervention s'aligne sur les inquiétudes que la faiblesse prolongée du yen pourrait recréer des conditions similaires à la crise des changes asiatiques de fin des années 1990, lorsque le taux de change USD/JPY a plongé de ¥147 à ¥108 en six mois après la faillite de Long-Term Capital Management. L'approche de Bessent reflète une préférence pour des opérations de vente de dollars ciblées via la facilité des autorités étrangères et internationales du Federal Reserve, plutôt que des changements de politique plus larges.
Des signaux politiques ont accompagné l'intervention, avec le président américain Donald Trump décrivant cette action comme un « signal d'amitié » envers le Japon. Cette mesure peut également servir de mise en garde pour le premier ministre japonais Sanae Takaichi concernant les politiques de reflation qui pourraient encore affaiblir le yen, une position que Washington est supposé inciter Tokyo à modérer. L'intervention a inclus un élément inhabituel : la vente de dollars par les États-Unis pour acheter des euros, un changement tactique par la fonds d'épargne de stabilisation des changes du Trésor pour réduire son exposition à un euro surévalué et profiter de l'undervaluation du yen.
Même si les autorités européennes sont peu susceptibles d'approuver la vente à grande échelle d'euros, Citi suggère qu'elles pourraient tolérer une intervention limitée si elle suit la voie de Washington. Cette action intervient avant des rassemblements internationaux importants, notamment le symposium de Jackson Hole du 27 au 29 août et les réunions des ministres des Finances du G7 et du G20 à Asheville les 31 août et 1er septembre, où la stabilité des changes et la coordination des politiques devraient occuper une place centrale dans les discussions.













