La fermeture du pipeline Est-Ouest par l’Arabie saoudite – essentiel pour rediriger les exportations de pétrole loin du détroit d’Hormuz – a mis en évidence une vulnérabilité majeure en termes de disponibilité, pouvant entraîner une réduction de 4 millions de barils par jour de brut. Ce pipeline, conçu pour transporter jusqu’à 7 millions de barils par jour, a été temporairement coupé après des attaques de drones le 11 septembre 2026, visant une station de pompage à Riyadh et à Médine. Bien que les autorités saoudiennes n’aient pas divulgué l’ampleur des dommages ni les délais de redémarrage, les analystes prévoient que les perturbations pourraient aller bien au-delà de la marge habituelle de cinq à sept jours de stockage, provoquant une augmentation des prix du pétrole si les approvisionnements restent limités.
Les prix du pétrole ont déjà augmenté nettement ces dernières semaines, les futures du brut Brent grimpant de 21 % sur la période mois à mois jusqu'à 106,29 $ le baril, et les futures du WTI dépassant pour la première fois depuis mai la barre des 100 $ le baril. Cette escalade de violences survient après une nouvelle flambée des hostilités entre les États-Unis et l'Iran, des attaques des Houthis contre la navigation dans la mer Rouge et une instabilité régionale généralisée. Les analystes notent que, alors que les stocks mondiaux ont généralement préservé le marché, ils sont actuellement fortement mis à mal, sont en baisse d'environ 1 milliard de barils, et un nouvel essoufflement risque de renforcer la tension du marché.
Le redémarrage du pipeline reste incertain. Les images satellites indiquent des dommages importants, et certains experts estiment que les réparations prendront des mois. Pendant ce temps, le détroit d'Ormuz, déjà sous tension à cause du conflit, devra faire face à l'ampleur du trafic dévié, bien que les volumes de transport maritimes y restent volatils et généralement inférieurs aux niveaux enregistrés avant le conflit. Le corridor plus large de la mer Rouge – y compris le détroit de Bab el-Mandeb – pourrait également subir une pression accrue, ce qui limiterait encore plus les routes d'exportation. La dépendance de l'Arabie saoudite à l'égard du pipeline pour diversifier ses exportations a fait de son arrêt une source de risque majeur pour les approvisionnements, d'autant plus que les tensions régionales persistent.
La situation souligne un resserrement plus général sur le marché du pétrole, où lesieux dispositifs de sécurité se frayent un chemin. Alors que l'Arabie saoudite a historiquement misé sur ses réductions de production dans le cadre d'OPEC+ et sur ses réserves tampons pour stabiliser les prix, la combinaison des perturbations des pipelines, de la réduction de la capacité de transport et des risques géopolitiques croissants pourrait faire monter les prix vers une plus grande volatilité. Les analystes soulignent que plus le pipeline restera hors service, plus le risque de croissance des prix du brut augmentera, à mesure que l'imbalance entre la demande et l'offre mondiale s'aggrave.












