Les rendements des obligations d'État de la zone euro se sont maintenus près de leurs niveaux les plus élevés depuis plusieurs années lundi matin, car les traders attendaient la dernière décision de la Banque centrale européenne sur les taux d'intérêt et analysaient de nouvelles données sur l'inflation du côté de l'Atlantique.
La BCE a augmenté son taux de facilité de dépôt de référence de 25 points de base à 2,50 %, une mesure destinée à lutter contre l'inflation due aux coûts de l'énergie dans le bloc. Les marchés monétaires ont ensuite évalué à plus de 90 % la probabilité qu'elle affecte une nouvelle augmentation de 25 points de base avant la fin de l'année.
Les mouvements de rendement sur la dette souveraine allemande reflétaient la réévaluation agressive. Le Schatz à 2 ans est monté de 1,9 point de base à 3,072 % et s'est tié à son plus haut niveau depuis 2024. Le Bund à 10 ans a augmenté de 0,8 point de base à 3,457 %, se situant à peu de distance de son plus haut niveau depuis 2011. Le Buxl à 30 ans a progressé de 1,3 point de base à 3,911 %, atteignant des niveaux invendus depuis 2011.
Les pressions à la demande surviennent dans un contexte de hausse des prix à la consommation. Les données préliminaires du CPI de la zone euro ont montré que l'inflation s'est accélérée à 3,3 % en août, sous la pression en grande partie d'une hausse de 14,3 % des composants énergétiques. Le Brent, le pétrole de référence, a retenu la barre symbolique des 100 dollars le baril, en se trading autour de 103,65 dollars, soutenu par la progression du conflit militaire au Moyen-Orient, qui continue d'influer négativement sur les perspectives d'approvisionnement en énergies.
De l'autre côté de l'Atlantique, les données sur les prix de production aux États-Unis ont accru la pression sur le retrait des obligations mondiales. Selon le Bureau of Labor Statistics, l'inflation des prix de production (PPI) aux États-Unis s'est accélérée en août, à 5,4 % par rapport à l'année précédente, dépassant le consensus des analystes qui prévoyaient 5,3 % et après une progression de 4,8 % en juillet.
Les taux de rendement des obligations d'État américaines ont réagi de façon prononcée. La note à 2 ans a bondi de 2,5 points de base à 4,497 %, atteignant son niveau le plus élevé depuis 2024. La note à 10 ans a enregistré une hausse de 2,7 points de base à 4,909 %, atteignant son niveau le plus élevé depuis 2023 et prolongeant sa série de six jours d'envolées consécutives. L'obligation à 30 ans a grimpé de 5,8 points de base à 5,339 %.
Les traders regardent maintenant avec attente la réunion du FOMC de la Réserve fédérale qui aura lieu les 15 et 16 septembre, où les marchés à terme attribuent une probabilité de 62 % à une hausse des taux de 25 points de base. La publication vendredi de l'indice des prix à la consommation aux États-Unis est devenue le prochain point de données principal pour mesurer si les pressions inflationnistes inciteront la banque centrale à poursuivre son cycle de resserrement.













