Les marchés financiers ont fait preuve d’une situation remarquable dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, d’une augmentation de la dette publique et de l’émergence de nouveaux risques liés à l’intelligence artificielle. Toutefois, Peter Giger, Directeur du risque du groupe de Zurich Insurance, prévient que cette stabilité ne sera peut-être pas durable. Dans un podcast de finews, Giger aborde la survenue inévitable de futures crises, les conséquences sous-estimées de l’intelligence artificielle et la question des risques qui demeureront assurables.
Giger insiste sur le fait que les crises font partie intégrante d'une économie de marché fonctionnelle, permettant de corriger les déséquilibres et de réévaluer les risques. Il met en garde contre un faux sentiment de sécurité induit par la stabilité actuelle. La hausse de la dette de nombreux pays industrialisés, associée à une économie habituée à une grande liquidité et à l'intervention de l'Etat durant les crises, constitue un risque important. Si cette confiance s'érodait, les conséquences seraient graves.
Selon Giger, l'IA transforme le paysage des risques. Bien que les impacts à court terme des nouvelles technologies soient souvent surestimés, leurs effets à long terme sont fréquemment sous-estimés. Cela pose de nouveaux défis et constitue une dépendance pour les banques, les assureurs et d'autres entreprises. La même technologie utilisée pour renforcer les défenses informatiques peut également offrir aux attaquants des opportunités sans précédent.
Les risques numériques soulignent les limites du système d'assurance. Si les risques particuliers d'une entreprise peuvent être modélisés et répartis dans un ensemble collectif, les risques affectant des milliers d'entreprises, des infrastructures critiques ou des économies entières posent des défis uniques. Giger s'interroge sur les risques qui doivent, en fin de compte, être assumés par les entreprises, les assureurs et les gouvernements. La nature interconnectée des économies modernes engendre à la fois de l'efficacité et des vulnérabilités, avec des conséquences qui vont bien au-delà des entités individuelles en période de crise.












