Deux entreprises pharmaceutiques suisses de taille moyenne suscitent un regain d’intérêt de la part des investisseurs orientés sur la valeur, suite à une convergence de valorisations décotées, de croissance prévue des bénéfices et d’augmentations des prévisions des analystes. Basilea et Siegfried, toutes deux cotées en Suisse, sont échangées à un rapport cours/bénéfice de 16,5, ce qui est inférieur à leurs moyennes à long terme respectives et à celles de leurs grands concurrents Roche et Novartis.
Basilea, une société biotech spécialisée dans les antibiotiques et les antifongiques, a vu ses actions augmenter de plus de 21 % au cours des dernières semaines après la publication de résultats semestriels solides qui ont soulagé les inquiétudes relatives à la perte imminente de l'exclusivité pour son médicament antifongique Cresemba. Le brevet américain de Cresemba expire au quatrième trimestre de 2027, tandis que la protection européenne s'achèvera au deuxième semestre de 2028. Les analystes s'attendent maintenant à une croissance des revenus de 2027 d'environ 14 % et à une progression des résultats par action de 21 %, contre une révision en baisse de 35 % l'année dernière. Le pipeline de la société comprend Fosmanogepix et Ceftibuten-Ledaborbactam, les essais de phase 3 américains pour la candidose invasive et l'aspergillose se déroulant conformément au calendrier prévu. Le PDG David Veitch a souligné un modèle de pipeline réplicable qui tire profit de partenariats et de financements non dilutifs, visant à générer des revenus maximaux de 0,5 à 1 milliard de francs suisses par produit sans concurrence directe de grands groupes pharmaceutiques.
Siegfried, un organisme de conception et de fabrication de produits spécialisé dans les principes actifs chimiques et les formulations, a été confronté à des pressions, à l'instar de ses pairs tels que Lonza et Bachem, suite au cycle de désinventaire post-pandémique dans l'industrie pharmaceutique. Le levier net de l'entreprise s'élève à 1,5 fois l'EBITDA, et le rendement du flux de trésorerie libre est devenue positif à 0,3 % l'année dernière après une baisse en 2025. Les analystes prévoient une croissance des revenus de 17 % et une croissance des bénéfices par action de 26 % en 2027, et Deutsche Bank note que l'entreprise est en phase pour atteindre ses objectifs de 2026 et prévoit une croissance organique améliorée en 2027. Deux tiers des analystes couvrant Siegfried évaluent l'action à « acheteur », avec une cible de cours moyenne de 99 CHF, ce qui inclut une marge de progression de plus de 38 % par rapport au cours actuel de 71,80 CHF.
Les deux entreprises bénéficient des révisions à la hausse de leur bénéfice par action. Pour 2027, les prévisions d'EBIT de Basilea ont été ramenées à un recul de 20 %, après une réduction de 35 % l'an dernier, tandis que celles de Siegfried ont été modifiées à la hausse, passant d'une diminution de 3,3 % à une augmentation de 3,2 %. En revanche, Roche et Novartis devraient bénéficier d'une croissance respectives des EBIT de 14 % et 24 %, mais se négocient avec un multiple plus élevé, de 16,7 fois, au-dessus de leurs moyennes à long terme.
Les investisseurs doivent être conscients des risques. La valorisation de Basilea pourrait encore refléter un piège à la valorisation si les successeurs du programme de pipeline ne parviennent pas à compenser le manque de revenus engendré par Cresemba après 2028, certains études estimant un EPS pour 2028 à 1,94 CHF dans un scénario pessimiste. La société n'a aucun endettement et génère un rendement de la trésorerie libre de 7,7 %, offrant ainsi une flexibilité pour l'expansion des programmes ou les rendements des actionnaires, bien que les dividendes ne soient pas actuellement priorisés. Le faible rendement des dividendes de Siegfried pourrait décevoir les investisseurs orientés sur le revenu si l'action reste confiné dans cette fourchette.












