Un portefeuille Bitcoin inactif depuis près de 12 ans a transféré 20,00010537 BTC — évalués à environ 1 million de dollars à l’époque — vers une adresse de dépôt d’une grande plateforme d’échange centralisée en mars, selon une analyse de la blockchain. Trois semaines plus tard, la même adresse a reçu 20,00006037 BTC, soit une différence d’environ 3 dollars. Sept semaines après, les Bitcoins ont été délibérément brûlés.
La séquence des transactions, détaillée par le chercheur Bennet, montre que les Bitcoins ont été fractionnés en trois transferts de 7 BTC, 7 BTC et 6,00006037 BTC sur trois jours consécutifs après leur retour. Chainalysis, qui a retracé l’activité, indique que cinq portefeuilles ont finalement détruit 107 BTC en mai — représentant environ 8,5 millions de dollars à l’époque — tous liés par des indicateurs de propriété commune.
Les adresses avaient été approvisionnées pour la première fois en avril 2014 avec des montants quasi identiques en équivalent dollar, et chacune avait envoyé des fonds vers la même adresse de dépôt d’échange. Chainalysis souligne que la majorité des Bitcoins brûlés peuvent être retracés jusqu’à Mt. Gox, suggérant que le propriétaire était un early adopter du Bitcoin. Bennet estime que les pièces avaient probablement été retirées avant l’effondrement de l’échange en février 2014, bien qu’aucun registre de retrait direct ne soit disponible.
Un portefeuille distinct lié au groupe a envoyé 19,6 BTC en 60 transactions vers le même dépositaire entre 2022 et 2024. Bien que les montants en Bitcoin variaient, 58 des transferts se situaient dans une fourchette de 10 % autour de 10 400 dollars une fois convertis, ce qui laisse supposer une stratégie de liquidation planifiée. Les transactions sont apparues par grappes plutôt que selon un calendrier fixe, indiquant une possible exécution manuelle.
Le circuit aller-retour de mars — où près de la totalité du montant a été restituée — contraste avec le comportement habituel des plateformes d’échange, où les soldes ne sont pas rétablis. Bennet précise que les chiffres ronds et le timing correspondent aux plafonds de retrait quotidiens des principaux dépositaires. Les Bitcoins restitués sont également retournés à l’adresse d’origine, nécessitant l’utilisation de la même clé privée qui avait permis de les dépenser en mars avant leur destruction en mai.
Les analystes ont avancé plusieurs hypothèses pour expliquer ces mouvements, notamment des tests de dispositifs de conservation anciens, des manœuvres fiscales ou de conformité, ou encore des opérations de confidentialité via des portefeuilles omnibus de dépositaires. D’autres évoquent la possibilité d’un message délibéré ou d’une décision de transfert de patrimoine par un individu sans héritiers. Chainalysis a indiqué ne pas avoir d’explication claire pour cette séquence, notant que la blockchain permet de retracer les faits, mais pas les motivations.
Pour l’instant, les raisons derrière ce circuit aller-retour d’1 million de dollars suivi de la destruction des pièces restent inexpliquées.












