La Russie se prépare à intensifier les attaques conventionnelles à l'aide de missiles balistiques contre le centre de Kiev et les infrastructures critiques d'autres villes ukrainiennes, après l'évaluation selon laquelle les négociations de paix sont dans une impasse, selon des sources citées par Bloomberg et Reuters.
Le Kremlin a conclu que tous les cadres de négociations existants ont été ruinés, Moscou considérant que la phase actuelle des hostilités n'est pas suffisante pour atteindre les objectifs stratégiques. Des responsables proches de la leadership russe indiquent que l'escalade au-delà des niveaux actuels est probable, car les alternatives à des actions militaires plus larges semblent limitées. Cette évaluation fait suite à une série d'échecs diplomatiques, y compris l'effondrement des pourparlers de Genève médiés par les États-Unis en février et un sommet entre le président russe Vladimir Poutine et l'ancien président des États-Unis Donald Trump en Alaska en août dernier.
Le cadre adopté par Moscou pour traiter le conflit a changé, les autorités russes qualifiant de plus en plus les frappes ukrainiennes de opérations menées par des États membres de l’OTAN. Cette perspective est renforcée par les analyses des services de renseignement, dont une citée par le Conseil Atlantique le 21 août, qui prévient que la Russie pourrait préparer des frappes limitées contre un État membre de l’OTAN dans les prochains mois. La rhétorique de plus en plus intense a également suscité des inquiétudes concernant l’utilisation potentielle d weapons nucléaires tactiques en tant que dernier recours en Ukraine.
L'escalade planifiée coïncide avec une nouvelle volatilité sur les marchés de l'énergie mondiaux. Le pétrole brut Brent, qui a fermé à 88,58 $ le barreau mardi, a baissé de plus de 3 % au début de la session, alors que les traders ont tout d'abord sous-estimé les risques liés aux interruptions de l'offre liées à l'Iran. Les analystes avertissent que une campagne soutenue de la part de la Russie visant l'infrastructure ukrainienne pourrait renverser ces baisses en perturbant les flux énergétiques régionaux.
Les marchés financiers ont réagi avec prudence aux signaux d’escalade. Les actions de Lockheed Martin, un important contrat d’armement américain, ont légèrement augmenté pour atteindre 563,57 dollars le 25 août, clôturant en baisse de 1,38% pour la journée mais en hausse de 0,25% en après-aftes à 564,97 dollars. En outre, les actions de Kyivstar Group, le plus grand fournisseur de télécommunications d’Ukraine, ont baissé dans le sillage des informations sur les frappes imminentes. Ces développements font suite à une attaque de drones contre la raffinerie de Perm en Russie, son septième plus grand en volume, le 21 août, qui a temporairement suspendu les opérations et aggravé la sécurité énergétique régionale.
L'activité diplomatique s'est intensifiée parallèlement à la posture militaire. Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a effectué une visite surprise à Moscou le 26 août, son premier voyage officiellement confirmé dans la capitale russe, où il s'est entretenu avec ses homologues russes, mais pas avec le président Poutine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que les discussions avaient été menées via les canaux de sécurité et ne concernaient pas le président russe. L'ancien président des États-Unis, Donald Trump, dans une entrevue radiophonique, a décrit la visite comme «semi-routine» et a laissé entendre que des progrès vers la cessation du conflit étaient toujours possibles.
Le 22 août, à l'occasion d'une interview télévisée, Poutine a signalé que la Russie réagirait à ce qu'elle perçoit comme des attaques délibérées contre son économie en ciblant les secteurs les plus vulnérables de l'Ukraine. Cette déclaration faisait suite à une frappe au drone contre le ravitailleur pétrolier de Perm et à des informations faisant état d'opérations ukrainiennes intensifiées près de la frontière russe. Les analystes notent que la combinaison d'une escalade militaire, d'un immobilisme diplomatique et de perturbations des marchés de l'énergie crée un environnement très volatile pour les marchés régionaux et mondiaux.













