La demande européenne en véhicules électriques s'est accélérée au cours du premier semestre de 2024, avec une hausse des immatriculations de 40,4 % par rapport à la même période l'année précédente, atteignant 1,2 million d'unités, soit une part de 20,7 % des ventes de voitures neuves totales, selon les données compilées par New Automotive et E-Mobility Europe pour 16 marchés représentant 90 % des immatriculations dans l'UE et l'AELE.
La hausse annuelle de juillet a été de 13 %, et les voitures électriques représentent désormais plus d'un véhicule sur quatre des nouvelles immatriculations dans ces pays. Les ventes de Renault au Royaume-Uni illustrent la transition : les modèles à batterie vont de 10 % du volume vendu il y a deux ans à plus de 50 % le mois dernier, avec la Renault 5 E-Tech reniée comme le modèle le plus vendu pendant cette période. Renault s'attend à une nouvelle dynamique grâce à la prochaine venue de la plus petite et moins chère Twingo E-Tech.
Les prix élevés et volatils du gazol et du diesel restent un facteur clé qui incite les consommateurs à passer aux véhicules électriques pour bénéficier d'une stabilité des prix. Adam Wood, responsable de Renault au Royaume-Uni, a déclaré que les acheteurs regardent de plus en plus l'électrification comme une forme de protection contre les fluctuations des prix à la pompe. Charlotte Merrell, propriétaire d'un premier véhicule électrique au Royaume-Uni, a déclaré que les frais de recharge à domicile étaient nettement inférieurs à ceux de son ancien modèle basé sur le gazol et a qualifié sa Renault Mégane E-Tech comme ayant été le meilleur choix financier qu'elle ait fait.
Les incitations gouvernementales renforcent également cette tendance. L'Allemagne offre jusqu'à 6 000 € pour l'achat ou la location d'un véhicule électrique, tandis que le programme de location sociale de la France, en place depuis environ un an, a doublement la part des VE dans les nouvelles immatriculations, cette dernière atteignant environ un tiers en juillet. En Allemagne, la pénétration des VE a atteint 29 %, soit une hausse de deux tiers par rapport à l'année précédente.
Les plates-formes en ligne permettant de suivre les intérêts des consommateurs révèlent une forte demande. OLX, basée à Amsterdam, a vu les recherches sur les véhicules électriques augmenter de 84 % en France, de 59 % en Roumanie, de 30 % au Portugal et de 19 % en Pologne depuis le début de la guerre Israël-Palestine, indique Christian Gisy, PDG d'OLX. Selon ce dernier, la confiance dans la technologie des véhicules électriques ne cesse de croître et les voitures électriques sont destinées à rester.
Au Royaume-Uni, l'enquête de Carwow menée auprès de 1 000 utilisateurs à la fin du mois de juillet a révélé que 64 % des personnes considèrent le passage à un véhicule électrique comme la meilleure solution à long terme pour faire face aux prix élevés de l'essence. Philipp Sayler von Amende, PDG de Carwow, a fait remarquer que de nombreux consommateurs apprécient désormais l'acquisition d'un véhicule électrique comme une décision économique plutôt qu'une réaction à des pics à court terme des prix de l'essence, et cherchent à s'assurer de loger leurs frais de mobilité à des niveaux inférieurs au fil du temps.
Même aux États-Unis, où les crédits fiscaux fédéraux ont été supprimés sous l'administration Trump, les ventes de véhicules électriques ont rebondi au deuxième trimestre, ce qui met en lumière le vaste changement mondial vers l'électrification.
Les analystes du secteur avertissent que les déficits en infrastructure pourraient limiter la croissance. Ian Henry, directeur d'<cp> AutoAnalysis </cp>, a averti que sans une charge publique plus abordable et plus transparente, les potentiels acheteurs pourraient rester en marge. « Nous risquons de nous approcher de la saturation du marché, car certains personnes veulent passer à l'électrique, mais n'y arrivent pas simplement », a-t-il déclaré.













