L'euro se situait près d'un niveau trois mois plus haut contre le dollar lundi. L'EUR/USD clôturait la journée à 1,1682, en hausse de 0,02% et à son plus haut niveau en trois mois. Le couple a oscillé entre 1,1670 et 1,1690 durant la session de lundi, le dollar ne parvenant pas à regagner du terrain sur les principaux horizons temporels.
Au cours du mois dernier, EUR/USD s’est renforcé de 2,76 %, prolongeant une hausse de 1,15 % en août après une augmentation de 1,02 % en juillet. Depuis le début de l’année, la paire reste inférieure de 0,58 %, malgré la récente remontée, ayant regagné 327 pips, soit 2,9 %, depuis son plus bas du 24 juin à 1,1355. L’analyse semble indiquer que cette évolution reflète un raffermissement du dollar plutôt qu’un brusque élancement de l'euro, étant donné la position de la paire au sein d'une fourchette de trois mois étroite.
La fourchette de trading pour l'EUR/USD s'est resserrée à seulement 3,4 % entre 1,1359 et 1,1740, une bande exceptionnellement étroite pour une G10 majeure durant un trimestre. Le niveau actuel de 1,1682 se situe 58 pips sous la limite supérieure de la fourchette et 323 pips au-dessus de la limite inférieure, ce qui place l'euro au bord supérieur d'une fourchette constamment élargie plutôt que définitivement au-delà de celle-ci.
Le catalyseur de la baisse du dollar proviendrait de la dynamique du marché des titres du Trésor américain. La semaine dernière, le Trésor a annoncé qu'il allait du moins doubler la taille maximale de ses opérations de rachat de longue date, en portant le plafond par opération de 2 milliards de dollars à au moins 4 milliards pour les échéances de 10 à 20 ans et de 20 à 30 ans. Ce programme élargi, qui a eu lieu du 9 septembre au 4 novembre, a été interprété par le marché comme une décision relative à l'offre en vue de réduire les rendements à long terme, et non pas comme une simple mesure de liquidité.
Lundi, deux fonctionnaires de haut rang du Trésor ont indiqué que le département pourrait financer les programmes d'achats étendus en utilisant un compte général qui détient environ 950 milliards de dollars, bien au-dessus de l'objectif de 550 milliards à 600 milliards de dollars maintenu sous l'administration précédente. Le rendement du marché obligataire à 10 ans est descendu de 3 points de base à 4,708 %, tandis que le rendement à 30 ans a baissé de 4 points de base à 5,23 %, confirmant le recul du dollar.
L'indice du dollar, un indicateur clé de la force de la monnaie américaine, a baissé à 98,723 lundi, son plus bas niveau depuis le 14 mai. La baisse de l'indice a été graduelle et ininterrompue pendant plusieurs séances, avec le poids de l'euro de 57 % dans le panier qui a entraîné une relation quasi miroir entre l'EUR/USD et l'indice du dollar. L'analyse note qu'une stabilisation de l'indice du dollar au-dessus de 98,723 capterait l'EUR/USD sous la barre de 1,1740, tandis qu'une rupture de ce niveau pourrait ouvrir la voie à des gains en direction de 1,18 et au-delà.
L viento de opposition structurel pour l'euro reste l'inégalité persistante des taux entre la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne. Le taux des fonds fédéraux de la Fed se situe entre 3,50 % et 3,75 %, tandis que le taux de dépôt de la BCE reste à 2,25 %, ce qui crée un écart nominal de 125 à 150 points de base en faveur du dollar. Cet écart n'a pas diminué au cours de la récente ralliement de l'euro, créant un vent d'opposition annuel de 35 points de base pour les investisseurs à long terme sur EUR/USD à cause des coûts de report.
Les attentes du marché relativement à la politique de la Fed se sont modifiées en août, les probabilités de hausse des taux ayant reculé de 50 % à 30 %, puis au-delà, compte tenu des données plus robustes en matière d'emploi, de l'Indice des prix à la consommation et de l'Indice harmonisé des prix de production, qui ont réduit la probabilité de continuer à resserrer la politique monétaire. Néanmoins, les marchés anticipent que la Fed maintiendra les taux d'essai jusqu'à la fin de 2026, en congelant l'écart de taux plutôt qu'en le réduisant. Au niveau de l'euro, la BCE a maintenu les taux de juillet à juin et n'a pas indiqué de chemin clair à suivre, bien que l'inflation ait atteint 2,9 % en juillet, ce qui est supérieur à l'objectif de 2 %.
L'analyse soutient que la force de l'EUR/USD est essentiellement due à la faiblesse du dollar et non aux fondamentaux spécifiques de l'euro ou au soutien des taux, ce qui rend la base structurellement fragile. Les mouvements de devise qui ne sont pas soutenus par un différentiel de taux ont tendance à se répéter, indiquant une dépréciation vers 1,1740 plutôt qu'une tentative d'augmentation.
Les dernières données économiques américaines soulignent la vulnérabilité du dollar. L'indice composite PMI des États-Unis a rebondi à 56 en août, son niveau le plus élevé depuis avril 2022, stimulé par une activité vigoureuse dans les services et par une amélioration des attentes des entreprises. L'indice PMI des services atteint 56,8, ce qui est supérieure aux estimations de 54 et supprime de 0,2 point le niveau de 54,6 observé au mois précédent. L'activité manufacturière a ralenti à 53,2, mais la lecture globale de l'indice composite fait état d'une accélération de l'économie américaine.
Les estimations du PIB du troisième trimestre ont été révisées à la hausse, à 2,5 % contre 2 % grâce à des investissements plus vigoureux – notamment en matière de capitaux liés à l'IA – et à une consommation résiliente. Le décalage entre la croissance vigoureuse des États-Unis et une baisse de la valeur du dollar met en évidence les dynamiques inhabituelles qui existent actuellement sur les marchés des changes.












