En cas d'échec de Scott Bessent, le secrétaire du Trésor américain, à pousser les rendements des bons d'État de 30 ans au-dessous de 5 %, cela affaiblirait le dollar et créerait une hausse des ventes à découvert d'actifs risqués à effet de levier, notamment les actions liées à l'intelligence artificielle, le crédit privé et les actions financières, a averti la Banque de New York vendredi.
Cette mise en garde du stratège de BofA, Michael Hartnett, vient après la proposition de Bessent d’accélérer les achats d’obligations souveraines à échéance plus longue, une approche qualifiée par Hartnett de similaire à la politique deQuantitative Easing. Ce plan est le dernier d’une série de mesures prises par Bessent pour stabiliser les marchés obligataires américains, que Hartnett a baptisé « Bessent Puts », destinés à atténuer les risques liés au financement du gouvernement et à celui de l’intelligence artificielle.
L'annonce de Bessent mercredi est venue après une poussée des rendements des bons du Trésor à 30 ans jusqu'à leur niveau le plus élevé en près de deux décennies, tandis que les américains à 10 ans se rapprochaient des niveaux observés avant que le président Donald Trump ne prenne ses fonctions. Bien que les rendements aient initialement reculé en réaction au plan, ils ont largement retracé leurs gains dans le contexte de préoccupations persistantes quant à l'expansion rapide de la dette publique américaine. Vendredi, les bons du Trésor à 30 ans étaient cotés à environ 5,2%.
Les turbulences sur le marché obligataire se sont propagées aux actions, avec un déclin du S&P 500 de 1,9 % depuis le lundi, mettant fin à une séquence de trois semaines de hausse encore alimentée par la montée de l'inquiétude relative à la volatilité du marché obligataire. Malgré le recul récent, l’indice BofA Bull & Bear se maintient dans la région de «l’optimisme extrême», tandis que les fonds d’études de valeurs américaines ont enregistré des entrées de près de 29 milliards de dollars durant la semaine du 19 août, le niveau le plus élevé depuis mi-juillet, selon les données d’EPFR. Les actions des fabricants de semi-conducteurs ont cependant poursuivi leur séquence de trois semaines de sorties, avec 6,3 milliards de dollars de retraits.
Hartnett a averti que, même si les efforts politiques pour « corriger » les marchés de revenus fixes pourraient limiter l'augmentation desrendements, ils ne sont cependant pas susceptibles de provoquer un déclin durable en dessous de 5% pour les obligations d'Etat à 30 ans.












