Les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens samedi, à la suite de l’échec des négociations commerciales plus tôt dans la semaine.
Ces droits s'appliquent à des centaines de produits, notamment le contreplaqué, les boissons alcoolisées, le matériel électrique et l'équipement de hockey, en invoquant une disposition rarement utilisée de la Tariff Act de 1930. Cette mesure permet à Washington de poser des droits contre les pays considérés comme discriminant à l'égard du commerce américain. Les principales exportations de ressources naturelles du Canada – le pétrole brut, la potasse et les minéraux essentiels – ont été exclues des tarifs.
Le Canada fournit aux États-Unis plus de 4 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers, ce qui souligne l'importance de l'exclusion sur les marchés de l'énergie.
Les pourparlers commerciaux avaient l'air s'être noués mardi, lorsque le président Donald Trump a annoncé un accord un peu moins de deux heures avant l'échéance fixée pour la Tarife. Les autorités canadiennes ont souligné les questions encore à régler, ce qui a provoqué une prolongation de trois jours. Les négociations ont finalement échoué, et les tarifs se sont appliqués samedi.
Selon le projet d'entente discuté plus tôt dans la semaine, les États-Unis auraient réduit les taxes douanières applicables à certains produits d'acier et d'aluminium canadiens à 25 % contre 50 %, et abaissé les droits sur les automobiles canadiennes à 15 %. Le Canada avait également accepté de retirer les mesures de représailles imposées l'an dernier, notamment les taxes sur les véhicules américains. Washington souhaitait que soient annulées les mesures provinciales restrictives en matière de vente au détail de boissons alcoolisées américaines.
Le Canada a échangé l'an dernier près de 900 milliards de dollars en produits et services avec les États-Unis, ce qui en fait la plus importante relation commerciale entre les deux pays. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a déclaré que Ottawa réagirait « dollar contre dollar » pour protéger les travailleurs et les entreprises nationales. Il a critiqué Washington pour avoir apporté des modifications à la dernière minute qu'il a qualifiées d'« injustes, nuisibles en termes économiques et laissant place à des doutes quant à la fiabilité de tout accord ». Mark Carney a exclu de restreindre les exportations de ressources naturelles, soulignant le rôle de l'industrie canadienne en tant que distributeur fiable.
Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a attribué cet échec aux nouvelles exigences canadiennes et aux retraits des engagements pris plus tôt, ce qui a brouillé l'équilibre atteint durant plusieurs jours de négociations.












