Le président américain Donald Trump a menacé lundi de mettre en place un droit de douane de 50 % sur toutes les voitures, camions et pièces automobiles fabriquées au Canada, à compter du 1er janvier 2027, intensifiant un différend commercial qui a déjà perturbé le commerce transfrontalier.
La proposition fait suite à l'échec des négociations commerciales entre les États-Unis et le Canada la semaine dernière, le différend entourant les réductions de droits de douane pour les camionnettes et les camions pesant de manière significative étant la principale difficulté. Dans un message sur les réseaux sociaux, Donald Trump a présenté cette démarche comme une réponse aux pratiques commerciales du Canada, affirmant que ce dernier serait traité comme un État américain sans droits de douane pour la production domestique.
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, lors d'une conférence de presse au Québec lundi, a décrit le différend comme une attaque, précisant : « On est en guerre quand on est attaqué. » Carney a ajouté que le Canada ne renégocierait pas avec les États-Unis tant que ces derniers n'aborderaient pas les pourparlers dans l'esprit d'un « véritable partenariat ». Le Canada est prévu imposer des droits de douane représailles sur certains biens américains le 8 septembre.
L'industrie automobile, qui dépend de chaînes d'approvisionnement intégrées à travers la frontière entre les États-Unis et le Canada, a réagi promptement. Les actions de Ford sont chutées de 3,6 %, celles de Stellantis de 4,2 %, celles de General Motors de 1,6 %, et celles de Toyota de 1,5 %, et celles de Honda de 2,1 % en cours de transactions à New York, lundi. Flavio Volpe, président de l'association des fabricants de pièces automobiles au Canada, a averti qu'une taxe de 50 % sur les pièces automobiles canadiennes contraindrait l'arrêt des chaînes de montage américaines sans accès aux composants critiques.
Les données commerciales montrent que les États-Unis et le Canada ont échangé 872,3 milliards de dollars en biens et services l’an dernier, une baisse de 4,6 % par rapport à l’année précédente. Le Canada exporte environ les trois quarts de ses produits aux États-Unis et importe près de la moitié de ses biens de son pays voisin au sud. La crise a déjà réduit d’environ 22 % les importations canadiennes de véhicules américains.
Cette dispute fait suite à des frictions plus anciennes, en janvier, lorsque Trump a menacé d'introduire des droits de douane de 50 % sur les avions canadiens et a tenté de dénationaliser les jets d'affaires Bombardier Global Express. Le Canada a ensuite certifié plusieurs avions Gulfstream le mois suivant, apaisant la crise immédiate.
Un sondage de l'Institut Angus Reid, publié dimanche, a montré que 75 % des Canadiens approuvaient la décision de Carney de se retirer des négociations vendredi soir. Les élections américaines de mi-mandat sont prévues pour novembre.












