Le dollar sterling a évolué à 1,3526 dollars mardi, en baisse de 0,18 % par rapport à la séance précédente, après que les données de la demande de main-d'œuvre au Royaume-Uni aient manqué les attentes et aient entraîné une remontée des profits après une avancée de cinq jours. La devise s'est orientée vers 1,3520 dollar lors de la séance européenne, restant au-dessus de la borne de 1,3500.
La chute a suivie la séance du lundi, lorsque la livre s’est appréciée à 1,3571 dollar – son niveau le plus élevé depuis le 12 mai – avant de clôturer à 1,3552 dollar, en hausse de 0,14 %. Cette hausse a été alimentée par des données économiques faibles aux États-Unis, qui ont réduit les anticipations d’une hausse des taux de la Fed en septembre. La ralliée de cinq jours a prolongé la reprise de fin juillet, qui a effacé plusieurs moyennes mobiles essentielles.
Le câble est en hausse de 0,77% au cours du mois dernier et de 0,37% sur un an. La progression de la zone de support de 1,3440 à 1,3571 représente une hausse de 0,97% en environ deux semaines.
Le repli de la livre sterling s'est passé dans l'ordre, la monnaie restant le deuxième meilleur investisseur parmi les peers de la zone G10 ce mois-ci. Ce retournement a suivi la publication d'un rapport sur le marché du travail vers 07h00 BST, lequel était attendu dans le détail comme le premier point de données majeur de la semaine.
La baisse du dollar face à l'euro contraste avec les gains vis-à-vis du yen, ce qui indique une revalorisation entraînée par la conjoncture intérieure plutôt que par un mouvement général lié au risque. Le dollar s'est fortement raffermi après que la reprise des tensions entre les États-Unis et l'Iran ait haussé le prix du brut Brent à 90,97 $ et poussé le rendement des obligations d'État américaines à 10 ans à 5,323 %, son plus haut niveau depuis 2007. L'euro a baissé de 0,06 %, le dollar australien de 0,06 % et le yen de 0,20 %.
Le calendrier du mercredi présente l'IPH britannique et les dernières minutes de la réunion de la Réserve fédérale, toutes deux publiées à quelques heures d'intervalle.
Les données du marché du travail au Royaume-Uni pour les trois mois finissant en juin ont montré un écart important sur les principaux indicateurs. Le taux de chômage de l'OIT s'est maintenu à 4,9 %, ce qui est en deçà des attentes qui prévoyaient une baisse à 4,8 %. L'emploi a augmenté de 83 000 personnes, ce qui est inférieur aux prévisions d'une augmentation de 129 000 personnes, soit un écart de 35,7 %. L'emploi salarié a diminué d'environ 13 000 personnes en juillet, ce qui marque la sixième baisse mensuelle consécutive.
Les offres d'emploi ont chuté à 707 000 pendant les trois mois jusqu'en juillet, le plus faible niveau enregistré depuis 2021. La série a diminué constamment depuis son pic après la pandémie, éliminant l'argument relatif au manque de main-d'œuvre qui avait précédent la hausse des salaires. Le nombre de demandeurs d'emploi a également cédé à la devanture, s'alignant avec la baisse de l'emploi.
La hausse des salaires dans le secteur privé s'est ralentie à 2,8 % d'année en année, ce qui constitue la plus faible croissance depuis fin 2020. Ce chiffre est l'objet d'un suivi étroit de la part de la Banque d'Angleterre en tant que mesure de la persistance de l'inflation intérieure. L'inflation des services est restée voisine de 3,7 %, et la banque centrale avait invoqué la hausse des salaires pour justifier le maintien d'une politique restrictive. À 2,8 %, les salaires dans le secteur privé sont désormais inférieurs à l'indice CPI, ce qui suggère une contraction des salaires réels.
La trajectoire des salaires à cinq ans de la Banque d'Angleterre montre un pic au-dessus de 7 % en 2023, avant une détente à partir de 2024 et 2025, puis un retour sous le seuil de 3 %, qu'elle considère compatible avec l'objectif d'inflation de 2 %. Cela marque une désinflation complète du côté des coûts de main-d'œuvre.
Cependant, les prix de l’énergie représentent désormais le principal facteur d’inflation. Le prix du brent à 90,97 $ et la forte dépendance de la Grande-Bretagne aux importations d’énergie signifient que l’impulsion inflationniste arrive par le canal des importations plutôt que par les règlements de salaires intérieurs. La banque centrale ne peut pas y remédier par la politique monétaire sans risquer de dommages économiques plus généraux, et ce surtout au regard des six mois consécutifs de baisse des emplois.
Les marchés des changes continuent d'évaluer une éventuelle resserrement de 30 points de base de la Banque d'Angleterre d'ici la fin de l'année, avec une hausse de décembre déjà intégralement intégrée aux prix, tandis que les traders maintiennent un sentiment hawkish, malgré les données sur les salaires qui ne soutiennent pas une nouvelle resserrement, compte tenu que l'inflation alimentée par les énergies reste la principale préoccupation. Cette position semble fragile : un indice des prix à la consommation plus faible que prévu mercredi pourrait inciter à un impayement rapide des anticipations d'augmentation en décembre, avec des effets défavorables supplémentaires sur la livre sterling.











