La capacité de l'OPEC+ à réguler les marchés pétroliers mondiaux s'est affaiblie six mois après le conflit entre l'Iran, Israël et les États-Unis, avec une part de la production pétrolière mondiale de la cartel qui a chuté à environ 40 % en juillet, contre plus de 48 % avant les attaques de fin février. Les analystes attribuent une partie de la baisse au retrait des Émirats arabes unis de l'OPEP en mai, soit environ 4 à 5 pour cent de la réduction.
Le groupe central de sept producteurs de l'OPEP+, composé notamment d'Arabie saoudite et de la Russie, représente désormais seulement un quart de la production mondiale, contre un pic historique d'environ 50 % dans les années 1970. L'influence du cartel s'est progressivement détériorée depuis lors, tombant à environ 30 % à la mi-année 1980. Les perturbations géopolitiques récentes, y compris la shutdown effective du détroit d'Hormuz, ont encore réduit le contrôle de l'OPEP+ sur les flux de fourniture, faisant que la question centrale n'est plus celle des décisions de production, mais de la capacité d'exportation physique.
La Chine, le plus grand importateur mondial de pétrole, a réduit ses achats d'environ 400 millions de barils depuis le début de la guerre, comparativement à la même période de l'année dernière, selon les données du marché. Les analystes de Sparta Commodities décrivent la Chine comme le nouveau "centre d'offre tournante", remplaçant ainsi le rôle traditionnel de l'OPEP+ dans l'équilibre entre l'offre et la demande. Ce changement reflète tant la réduction des achats de la Chine que les contraintes logistiques qui ont limité les exportations de certains membres clés de l'OPEP, tels que l'Arabie saoudite, l'Irak et le Koweït.
Bien qu'elle ait annoncé six augmentations de la production depuis mars, le groupe OPEC + a pour l'essentiel maintenu les niveaux de production actuels en raison de blocages et de dysfonctionnements dans les infrastructures. Les contrats à terme du brent cotaient près de 88,28 dollars le baril jeudi, en quasi stabilité par rapport à la séance précédente.
L'érosion de l'influence du cartel OPEP+ sur le marché survient au moment où ce dernier fait face à des défis structurels, notamment la croissance de la production extra-OPEP et la mutation des modèles commerciaux. La perturbation des principales routes de navigation due à la guerre a aggravé cette pression, laissant le cartel avec un levier réduit sur les mécanismes de définition des prix qui étaient autrefois le fondement de sa domination.












