L'euro a baissé de 0,06% à 1,15745 dollar mercredi, après avoir échoué à conserver ses gains au-dessus du niveau de 1,1600 pendant la session asiatique, marquant la troisième session consécutive où la paire s'est rapprochée sans parvenir à clôturer au-dessus de ce seuil.
Le couple a progressé de 1,39 % au cours du mois dernier et de 1,01 % sur les quatre semaines précédentes, se redressant après un creux le 24 juin à 1,1355, qui définissait la fourchette de trading de l'été. Au cours des 12 derniers mois, toutefois, l'euro reste en baisse de 0,59 %. La fourchette de 52 semaines s'étend de 1,1325 à 1,2079, soit une bande de 754 points. L'EUR/USD a ouvert à 1,1721 le 2026 et a brièvement évolué au-dessus de 1,20 à la fin du mois de janvier, dans un contexte d'escalade des tensions géopolitiques.
Le recul de mardi s'est reproduit dans les principaux paires de devises. La livre sterling a reculé de 0,14 % à 1,35298 $, le dollar a gagné 0,20 % contre le yen, à 159,638, et le dollar australien s'est affaibli de 0,06 % à 0,71024. USD/CAD a bouclé au-dessus des 1,3800 à 1,38673, tandis que USD/TRY a enregistré un record à 47,9186. La vigueur généralisée du dollar suggère que le mouvement a été alimenté par des facteurs américains plutôt que par des dynamiques spécifiques à l'euro.
Le catalyseur du rebond du dollar a été l’énorme haussement du prix du pétrole de Brent, qui est passé à environ 91,76 dollars le baril, et la hausse du rendement des obligations d’État américaines à 10 ans, à 5,323 %, le plus haut niveau depuis 2007. Cette combinaison a relancé les craintes d’inflation et a renforcé l’attractivité du dollar en tant quehavre de refuge, faisant vaciller le commerce lié à la convergence des politiques monétaires de l’euro.
Les actions européennes reflétaient le sentiment de réaction aux risques, avec le Stoxx 600 en baisse de 0,51 %, le CAC 40 en recul de 0,55 %, le FTSE MIB en baisse de 0,59 % et le DAX en perte de 0,38 %. Le FTSE 100 s'est maintenu pratiquement stable, en baisse de moins de 0,1 %.
L'avancée de l'euro s'est produite malgré la hausse des prix de l'énergie, qui représente un défi direct pour le mandat de la Banque centrale européenne en matière d'inflation. Le brut de Brent, qui se situe désormais à 91,76 $, s'est clôturé vendredi à 88,60 $ et a accru de 3,16 $ depuis lors, étendant les gains enregistrés une semaine plus tôt, alors que les négociations bloquées entre l'Iran et l'Oman et les menaces de sanctions des États-Unis sur Téhéran semaient des inquiétudes sur l'offre.
La BCE a maintenu son taux de facilité des dépôts à 2,25 % en juillet, suite à une hausse de 25 points de base en juin, tandis que la Réserve fédérale américaine a maintenu son taux des fonds à 3,50 % – 3,75 %. Les marchés monétaires évaluent la BCE à deux hausses supplémentaires d'ici début 2027, avec la première éventuellement pour la réunion du 10 septembre. La différence de taux entre la BCE et la Fed s'est resserrée à 137,5 points de base, baisse depuis un niveau record de deux ans, alors que les chances de hausse de taux aux États-Unis se sont réduire.
Les marchés affectent désormais une probabilité d'environ 35 % à une hausse de la Fed en septembre, avec une probabilité de 69,9 % qu'elle patche. Si la BCE procède à deux augmentations de 25 points de base et que la Fed ne fait pas de hausse, l'écart se réduirait à 112,5 points de base. Si la Fed ne procède à aucune hausse, la distance pourrait chuter à 87,5 points de base – une compression de 50 points de base qui est historiquement associée à un mouvement de 300 à 500 pips de l'EUR/USD.
La décision de la BCE de septembre reste très sensible aux prix du pétrole. La devise de marché pour une hausse de 25 points de base le 10 septembre oscille entre 70 % et 90 %, avec les dernières estimations �러 que 84 %. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a souligné que l'inflation devrait rester supérieure à l'objectif au moins jusqu'au premier semestre de 2027, les prix élevés de l'énergie représentant un risque d'effets d'inflation de deuxième ronde.
Le couple a évolué au sein d'une fourchette de 1,1400 à 1,1750 tout au long du mois d'août, progressant sans toutefois franchir un seuil déterminant. Les prochaines publications de données, notamment le PIB final de la zone euro et les minutes de la réunion de la FOMC aux États-Unis, mercredi, suivies des indicateurs flash PMI et des déclarations de Jackson Hole, vendredi, pourraient entraîner une reprise dans une de ces directions.
Le contexte structurel reste hétérogène : la croissance du PIB de la zone euro, de 0,4 % au deuxième trimestre, confère un optimisme constructif, tandis que les prévisions de croissance de la BCE pour 2026 se situent à environ 0,8 %. Les trades de convergence, tels que la dynamique actuelle de l’EUR/USD, s’émanent généralement de façon progressive plutôt qu’en une hausse brusque.









