L'euro a conservé une structure haussière face au dollar jeudi, évoluant entre 1,1638 et 1,1650 alors que les investisseurs attendaient de nouvelles indications de politique de la part de la Banque centrale européenne.
EUR/USD s’est retiré du sommet de la semaine dernière, supérieur à 1,1700, en manquant de maintenir une rupture au-dessus du pic de fin mai, à 1,1685. La paire a également rencontré des résistances au niveau du rétractement Fibonacci au 78,2 %, correspondant à la baisse observée en mai et en juin, autour de 1,1692, formant une confluence de sept pips qui a maintenant limité les gains à deux reprises. Le haut de trois mois proche de 1,1697, établi le 21 août, reste intact.
Les indicateurs techniques suggèrent une dynamique sous-jacente stable. Le cours se plaque au-dessus de la résistance antérieure à 1,1620, près des sommets atteints le 16 juin et le 17 août, préservant la tendance baissière à court terme. L'indice de force relative (RSI) demeure supérieur à 65, tandis que la MACD est modérément positive, ce qui indique une dynamique constructive plutôt qu'un signal de retournement. En outre, le cours se situe à 0,96% au-dessus de sa moyenne mobile exponentielle à 50 jours et à 1,01% au-dessus de sa moyenne mobile à 100 jours.
La reprise de deux mois depuis le creux du 24 juin à 1,1355 a fait monter l'EUR/USD de 2,72 %, la paire progressant de 1,14 fin juillet à la région de 1,16 au bout de quatre semaines. La moyenne mobile simple sur 50 jours est positionnée à 1,1508.
Le contexte macroéconomique global reste mitigé. Le couple EUR/USD est entré dans l'année 2026 en tant que devises à long terme, avec des objectifs de fin d'année situés entre 1,24 et 1,25, mais son dynamisme a stagné lorsque les tensions au détroit d'Ormuz ont entraîné une hausse de l'inflation liée aux énergies. La BCE a augmenté les taux le 11 juin pour la première fois depuis 2023, tandis que la Réserve fédérale a signifié un virage à l'aigre le 17 juin, poussant le couple EUR/USD à 1,14 avant le début du rebond.
Les deux banques centrales ont désormais resserré les conditions monétaires, mais sans signal clair d'une divergence des taux suffisante pour soutenir un mouvement de tendance. Le rapport de juillet de la BCE, publié jeudi, a souligné la tendance hawkish lorsque les décideurs ont qualifié la stabilité des taux d'「pause」 plutôt que de la fin du cycle de resserrement.
Les minutes ont montré que, si le Conseil directeur a maintenu les taux inchangés les 22 et 23 juillet, les membres anticipaient une nouvelle hausse dès septembre, sauf si les perspectives d'inflation s'amélioraient sensiblement. Le texte soulignait que cette pause ne signifiait pas la fin des hausses, une nuance qui a depuis gagné du terrain dans la fixation des prix par le marché.
Les attentes de marché concernant une hausse de 25 points de base en septembre, faisant passer le taux de la facilité de dépôt de 2,25 % à 2,50 %, sont désormais pratiquement intégrées. Cette décision dépend de trois facteurs : l'inflation de la zone euro située près de 3 % contre une cible de 2 %, la persistance de la pression sur les prix de l'énergie liée à la tension au Moyen Orient et les preuves de la résilience de l'économie malgré les risques géopolitiques.
L'inflation annuelle de la zone euro s'est accélérée à 2,9 % en juillet, contre 2,8 % en juin, principalement due aux coûts de l'énergie, qui ont bondi de 10,0 % sur un an. L'inflation sous-jacente est montée jusqu'à 2,5 %, tandis que l'inflation dans le secteur des services a légèrement augmenté, pour s'établir à 3,3 %. La hausse était partagée, la France enregistrant une inflation de 2,4 %, l'Allemagne de 2,8 %, l'Espagne de 3,8 % et les Pays-Bas de 2,9 %. L'Italie a légèrement enregistré un léger ralentissement, à 2,9 %.
Les décideurs de la BCE, dont la membre du collège directoire, Isabel Schnabel, ont indiqué que les futures décisions seront fonction des données en provenance, laissant ouverte la possibilité de nouvelles hausses de taux au-delà de septembre. La croissance de la demande de crédit des entreprises dans la zone a accéléré à 4,4 % en juillet, le rythme le plus rapide en trois ans, ce qui renforce l'intérêt pour une politique plus restrictive.
Pour l'EUR/USD, la hausse de septembre à prix plein ne présente aucun upside immédiat, la progression ayant déjà été anticipée. Le focus passe désormais sur les indications de la BCE concernant le fait que septembre constitue-t-il la dernière hausse ou le début d'un cycle de resserrement prolongé, distinction qui pourrait préciser la trajectoire du couple avant la réunion du 9 et 10 septembre.












