La Banque centrale européenne (BCE) ne constate pas de pressions importantes sur les salaires en réponse à la récente flambée de l'inflation alimentée par l'énergie, selon les remarques du chef économiste Philip Lane. Bien que l'inflation dans la zone euro a dépassé 3% en août, en raison de l'accélération des prix de l'énergie, notamment du gaz et du carburant, Lane a souligné que les entreprises ne transmettaient pas encore intégralement ces augmentations de coûts aux salaires, ce qui constitue une préoccupation majeure pour les responsables des banques centrales. « Nous ne voyons pas de grande réponse au choc énergétique », a-t-il déclaré, notant que les travailleurs sont conscients de l'augmentation du coût de la vie, mais sont aussi conscients des pressions concurrentielles et des capacités d'automatisation, y compris la production guidée par l'intelligence artificielle, ce qui pourrait limiter les demandes de salaires.
Le dispositif de suivi des salaires de la BCE prévoit que la croissance des salaires restera modeste, s'établissant en moyenne autour de 2,6 % jusqu'en 2026, avec une légère hausse vers 2,7 % au début de 2027. La croissance du salaire par employé devrait ralentir, passant de quelque 3,8 % en 2025 à 3,3 % en 2026, ce qui laisse supposer que les répercussions sur l'inflation seront limitées. Cependant, Lane a reconnu que les prix de l'énergie sont actuellement en accord avec le scénario le plus défavorable de la BCE pour la majeure partie de l'année prochaine, et que les prix ne devraient se retrouver à leur niveau de base qu'après cette période. Les faibles réserves de gaz naturel, actuellement à 70 % des moyennes historiques, soit 16 points de pourcentage de moins que l'ordinaire, constituent un risque supplémentaire pour l'offre et les prix de l'énergie.
Les attentes de marché concernant les hausses de taux de la BCE se sont accrues, les investisseurs estimant trois ou quatre hausses supplémentaires au-delà des augmentations programmées pour juin et septembre. Toutefois, Juncker a précisé que ces ajustements représentaient des primes de risque plutôt qu’un pic durable des taux d’intérêt. Les projections de taux d’intérêt de la BCE indiquent un pic de justes au-dessus de 3 % en 2025, puis une diminution progressive jusqu’en 2027, ce qui предполага qu’il n’est prévu que deux autres hausses au-delà des augmentations prévues pour septembre.
La position de la BCE contraste avec les pressions inflationnistes plus générales, que certains économistes anticipent atteindront 4 % à la fin de l'année. La hausse des coûts de l'énergie, exacerbée par les tensions géopolitiques – notamment en Iran – a contribué à la hausse. L'accent de la BCE reste mis sur l'éviction de la spirale salariale et prix, facteur crucial dans son analyse de l'inflation. Bien que les chocs énergétiques demeurent un risque constant, les remarques de Lane laissent supposer que les réponses salariales restent limitées, ce qui soulage les inquiétudes concernant les boucles de rétroaction inflationniste.











