Le marché mondial du diesel reste confronté à de graves difficultés malgré le trading du pétrole brut inférieur à 100 $ le baril. La capacité de rafinage s’est révélée le principal obstacle critique de la chaîne d’approvisionnement. Les prix du diesel en Europe ont augmenté de 70 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient, tandis que les spreads entre le diesel et le pétrole brut à New York se sont élevés à des prémices en trois chiffres cette semaine, selon les données de LSEG que cite Reuters. La différence de prix entre le diesel et le kérosène en Europe s’est inversée pour la première fois en plus d’un an, ce qui illustre l’ampleur de cet épisode de déséquilibre.
La contraction de la rafinage est due à de multiples sources. Au Moyen-Orient, les hostilités ont perturbé jusqu'à 20 % de la capacité de rafinage régionale, soit 9,6 millions de barils par jour, selon l'Agence internationale de l'énergie. En parallèle, les frappes de drones ukrainiens sur des raffineries russes ont poussé Moscou à limiter les exportations pour privilégier l'approvisionnement national, éliminant ainsi le deuxième plus grand exportateur mondial de diesel du marché. Les analystes préviennent que l'infrastructure de rafinage disponible en dehors de ces régions ne peut pas compenser la production perdue.
Les raffineurs des États-Unis ont partiellement comblé ce fossé, avec une moyenne d'exportations de 1,9 million de barils par jour, un record quotidien – mais au prix de stocks intérieurs déjà très limités. Dans une note, les analystes de la Banque de France ont mis en garde contre le fait que ces flux épuisent les stocks critiques, intensifient la concurrence pour une offre limitée et poussent les ruptures de câbles au diesel vers de nouveaux sommets saisonniers. La situation est particulièrement critique compte tenu du fait que les stocks mondiaux de diesel étaient déjà faibles avant le conflit au Moyen-Orient, a noté Goldman Sachs ce mois-ci.
L'inégalité structurelle devrait persister, même si les tensions géopolitiques se détendent. L'Agence internationale de l'énergie a signalé que les débits des raffineries mondiales au deuxième trimestre étaient inférieurs de 5,1 millions de barils par jour par rapport aux niveaux de 2023, malgré une baisse quotidienne de la demande de 4 millions de barils. La destruction de la demande forcée, due à des prix élevés plutôt qu'à une conservation volontaire, reste limitée face aux pressions inflationnistes. Les données sur les prix à la consommation reflètent la tension, avec une inflation américaine en hausse de 3,4 % et des prix dans la zone euro en hausse de 2,9 %, principalement attribuable aux coûts de l'énergie.
Les analystes anticipent une aggravation supplémentaire à l'approche de l'hiver, Eugène Lindell de FGE NexantECA prévoyant des « prix constants extrêmement élevés » en Europe. La crise s'étend au-delà des frontières régionales, le diesel restant essentiel au transport et au chauffage dans l'hémisphère nord. L'Agence internationale de l'énergie prévoit que le déficit de raffinage continuera de déclencher la volatilité des prix, sans solutions à court terme pour rétablir l'équilibre.












