La chambre basse du Congrès de la Bolivie a voté mardi pour dénoncer le ministre de l'Économie, José Gabriel Espinoza, une décision décrite par le gouvernement du président Rodrigo Paz comme anticonstitutionnelle et un frein à son programme de réforme économique.
La motion a été adoptée par 91 voix dans la chambre comptant 166 membres, ce qui est en deçà du nombre de 111 votes nécessaires pour une majorité des deux tiers, mais suffisant en vertu des règles internes du Congrès. Les parlementaires ont invoqué le non-apparition d'Espinoza devant le Congrès pour répondre à des questions sur la politique monétaire, la planification macroéconomique et la pénurie de carburant comme justification de sa censure. Espinoza a déclaré avoir voyagé à Santa Cruz pour régler des problèmes d'approvisionnement en diesel avant de partir pour le Brésil, décrivant la révocation comme un symptôme de «politicisation extrême».
Le porte-parole de la présidence, Jose Luis Galvez, a précisé qu'Espinoza pourrait exercer des recours juridiques dans les 24 heures, délai constitutional pour le président de dégager un ministre condamné. M. Galvez a argué que le vote n'était pas valable, affirmant que les procédures internes du Congrès ne peuvent pas supprimer les exigences constitutionnelles et que la résolution ne jouissait pas du soutien nécessaire.
Cette confrontation politique survient à un moment où l'administration de Paz souhaite l'approbation d'un programme de financement négocié avec le Fonds monétaire international en juillet. Ce programme, qui vise à stabiliser l'économie bolivienne et à soulager la pénurie de carburant et de devises étrangères, nécessite encore l'approbation du Congrès bolivien et du Conseil exécutif du FMI. L'administration a également été critiquée pour l'achat d'un véhicule Audi à un prix inférieur à la valeur de marché, ce que Carlos Espinoza a attribué à une erreur d'enregistrement.
Le conflit constitutionnel devrait être résolu par le plus haut tribunal du pays, le Tribunal constitutionnel, après que M. Espinoza ait indiqué qu'il ferait usage de ses droits constitutionnels.









