La rupture des négociations commerciales entre les États-Unis et le Canada a intensifié la pression sur la croissance et les perspectives de taux d’intérêt du Canada, ce qui a fait monter le dollar américain par rapport au dollar canadien.
La menace de l’administration Trump d’appliquer un droit de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, suivie d’une date butoir fixée au 1er janvier pour l’imposition d’un droit de douane supplémentaire de 50 % sur les automobiles et des produits encore non déterminés, a accru la tension dans le conflit. Le premier ministre canadien, Mark Carney, a fait état de sa volonté de riposter « dollar par dollar », en ciblant l’acier américain, le lait, les appareils électroménagers, l’équipement agricole, l’électronique, le pâtes et le papier. La date butoir du 8 septembre laisse peu de marge à une dernière minute d’une solution d’intermédiaire, alors que Washington a averti que les mesures de représailles du Canada pourraient conduire à une escalade supplémentaire.
L'asymétrie économique accroît la vulnérabilité du Canada. L'économie américaine est environ 12 fois plus grande, ce qui rend la guerre commerciale une menace plus immédiate pour la situation économique du Canada. La dispute coïncide avec une reprise fragile : l'économie canadienne a reculé au quatrième trimestre 2025 et au premier trimestre 2026, même si la croissance du PIB du deuxième trimestre est prévue à 3,4 % annuel, la plus forte depuis le premier trimestre 2023. Un nouveau choc commercial risque de compromettre cet élan.
Les marchés financiers ont reflété ce déplacement du risque. Le rendement des titres du gouvernement canadien à deux ans a baissé de neuf points de base, alors que le rendement américain à deux ans a chuté de moins d'un point de base, ce qui a élargi le différentiel entre les taux à deux ans du Canada et des États-Unis à 128 points de base, le plus élevé depuis près de deux semaines et demie. Ce différentiel a frôlé 130 points de base lors des récentes séances, soulignant la vision des marchés obligataires selon laquelle une guerre commerciale pose un défi économique beaucoup plus immédiat au Canada.
La réaction au niveau des changes a suivi le mouvement. Le dollar américain s'est raffermi du côté du dollar canadien, le couple ayant rebondi de son plus bas de fin janvier, proche de 1,3480 CAD, pour tester les résistances autour de 1,3930 CAD. Ce niveau est techniquelement important, marquant une zone de congestion à partir de la fin du mois dernier, le recul à 38,2 % du dollar par rapport au sommet de fin juin, proche de 1,4250 CAD, ainsi que la moyenne mobile sur 20 jours. Un maintien au-dessus de 1,3930 CAD pourrait stimuler le test de l'objectif à 38,2 % inférieur au niveau de 1,40 CAD.
La dispute commerciale n'est pas la seule cause du rendement du dollar canadien, mais l'échec des négociations a modifié le calcul à court terme. Avec des signaux tentants de stabilisation de l'économie canadienne, la perspective d'un conflit commercial plus approfondi risque de mettre en péril les progrès accomplis. L'élargissement des différentiels de taux sur le marché obligataire et la réaction du marché des changes suggèrent que le dollar américain reste privilégié à court terme.













