Les contrats à terme sur les actions américaines indiquaient une ouverture en hausse jeudi, soutenus par le repli des rendements obligataires. Le Dow Jones Industrial Average était attendu en progression de 0,4 % à 53 287 points, tandis que le S&P 500 devait gagner 0,4 % et le Nasdaq 100 reculer de 0,2 %. En Europe, l’indice vedette suisse (SMI) progressait de 0,5 % à la mi-journée, tiré par Roche, qui affichait une hausse de 1,8 % après l’annonce d’un accord de licence avec le laboratoire chinois Simcere Pharmaceutical pour un anticorps trispecifique.
Les données d’inflation helvétiques publiées jeudi ont surpris à la hausse, avec un taux annuel passant à 0,8 % contre 0,4 % en juillet – un niveau inédit depuis août 2022. Les économistes anticipaient une progression limitée à 0,5-0,6 %. Le franc s’est apprécié face à l’euro, s’échangeant à 0,9392 contre 0,9410 plus tôt dans la journée, et à 0,8092 face au dollar. Cette dynamique survient malgré la légère progression du SMI, dont la tendance reste contrastée avec un repli de 0,8 % pour Nestlé.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont continué de peser sur l’humeur des marchés, les cours du pétrole cédant une partie de leurs gains après une brève stabilisation. Le baril de Brent s’échangeait autour de 75 dollars, tandis que le WTI évoluait près de 72 dollars, en baisse par rapport à ses plus hauts de la journée au-delà de 77 dollars. Les analystes de Candriam soulignent que les marchés réagissent davantage à la volatilité pétrolière à court terme qu’à une tendance structurelle. « C’est un marché difficile à naviguer », a commenté Nadege Dufosse, chez Candriam.
Côté corporate, l’action Broadcom reculait de 3,7 % en préouverture après des résultats trimestriels conformes aux attentes de revenus, mais décevants sur les perspectives. Le groupe a évoqué une demande soutenue dans l’IA, tout en adoptant un ton prudent en raison des incertitudes macroéconomiques. De son côté, Snowflake bondissait de 23 % après avoir dépassé les estimations de bénéfices et de chiffre d’affaires, tout en relevant ses prévisions annuelles. Ultragenyx Pharmaceutical s’effondrait de 46 % après l’échec de son essai clinique de phase 3 pour une thérapie génique. Enfin, Victoria’s Secret plongeait de 20 % en raison d’un chiffre d’affaires trimestriel faible à 1,61 milliard de dollars et d’une révision à la baisse de ses perspectives pour 2026, désormais comprises entre 7,10 et 7,18 milliards de dollars, contre les attentes précédentes.
Les valeurs suisses affichaient des performances contrastées. Novartis conservait ses gains initiaux après des données positives issues d’un essai clinique mardi, tandis que Nestlé poursuivait son repli. Logitech progressait de 2,6 % et Givaudan gagnait 1,5 % après une relance de Deutsche Bank à la suite de la présentation de son plan stratégique. Partners Group prenait 2,0 % après la reprise de sa couverture par les analystes avec une recommandation « Equal Weight » et un objectif de cours à 775 francs, tandis que Kardex était abaissé à « Hold » par Research Partners avec un objectif de 253 francs.
Les investisseurs se tournent désormais vers le rapport sur l’emploi américain (non-farm payrolls) de vendredi, qui pourrait apporter de nouveaux indices sur la santé du marché du travail et les orientations de la Réserve fédérale. Une publication plus forte que prévu pourrait renforcer les anticipations d’un relèvement des taux à court terme, les marchés intégrant une probabilité de 60 % d’une hausse de 25 points de base lors de la réunion de septembre. En début de semaine, plusieurs responsables de la Fed avaient déjà adopté un ton prudent, évoquant les risques liés à la persistance de l’inflation et aux prix élevés de l’énergie.
En Europe, les premières estimations des indices PMI ont montré un léger affaiblissement de la confiance des entreprises, sans que le repli ne soit marqué. L’attention se porte désormais sur les indicateurs du marché du travail américain, notamment les demandes hebdomadaires d’allocations chômage, qui pourraient apporter des signaux supplémentaires avant la publication des non-farm payrolls.












