Le président Donald Trump a officiellement transmis au Congrès un projet d’accord de 30 ans en matière d’énergie nucléaire civile avec l’Arabie saoudite lundi, soumettant son exécution à la reconnaissance par le royaume d’Israël.
L'accord, qui permettrait aux entreprises américaines d'exporter des technologies nucléaires civiles à Riyad, a été soumis au Congrès le 24 août et est actuellement soumis à une période de révision parlementaire de 90 jours. À moins que le Congrès ne s'oppose au cours de cette période, l'accord entrera en vigueur automatiquement. Un fonctionnaire de l'administration américaine a confirmé la soumission le 25 août, notant que la position de Trump est restée inchangée : l'accord ne pourra avancer que si l'Arabie saoudite adhère aux Accords d'Abraham, les accords de normalisation négociés par les États-Unis avec Israël.
L'accord proposé prévoit la construction de réacteurs AP1000, un projet qui devrait coûter des dizaines de milliards de dollars. Westinghouse, le fournisseur de réacteurs, est détenue conjointement par les sociétés canadiennes Cameco et Brookfield Asset Management. Cet accord a été conclu en juillet, peu de temps après que Donald Trump ait fixé une normalisation avec Israël comme condition préalable à son activation.
L'Arabie saoudite réclame depuis longtemps un chemin irrversible vers l'établissement d'un État palestinien comme condition à la reconnaissance d'Israël, une position qui contrarie les accords de normalisation conclus dans le cadre des Accords d'Abraham de 2020. Ces accords, conclus avec les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Maroc et le Soudan, ont marqué un tournant dans la diplomatie régionale, mais ne comportait pas la participation de l'Arabie saoudite.
Les critiques, notamment de certains législateurs démocrates et de défenseurs de la non-prolifération, affirment que le partenariat ne garantit pas suffisamment la sécurité en cas d'enrichissement d'uranium ou de récyclage des déchets nucléaires – voies qui pourraient permettre le développement d'armes. Henry Sokolski, directeur du Centre d'éducation pour la politique de non-prolifération, a décrit les termes comme étant insuffisants pour un pays souhaitant éviter l'enrichissement tout en favorisant la normalisation. Le gouvernement de Donald Trump fait valoir que l'accord respecte les exigences juridiques en matière de non-prolifération.
Si le Congrès rejetait l'accord, Trump pourrait le vire, nécessitant une majorité de deux tiers dans les deux chambres pour l'annuler. La transmission du pacte aux comités du Congrès est attendue mercredi 26 août.
Cette initiative intervient dans le contexte des tensions régionales plus générales après l’escalade de 2023 à Gaza, qui a entravé les efforts diplomatiques précédents menés en vue de la normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël. L’accord de 2009 sur le nucléaire civil entre les Émirats arabes unis et Washington, souvent cité comme un exemple, comprenait des mesures rigoureuses de non-prolifération, également connues sous le nom de « norme d’or ».












