Les tarifs prévus par les États-Unis sur les importations automobiles canadiennes pourraient contraindre les constructeurs japonais Toyota et Honda à fermer leurs chaînes de production au Canada, ont indiqué lundi des analystes.
La hausse du droit de douane de 50 %, annoncée le 1er janvier, viserait les deux fabricants, qui représentent ensemble plus de trois quarts des quelque 1,2 million de véhicules produits annuellement au Canada. Le secteur automobile canadien, qui plus largement est considéré, emploie environ 427 000 personnes, selon les estimations de l’industrie.
Julie Boote, analyste chez Pelham Smithers, a décrit les tarifs comme susceptibles de détruire l'industrie automobile canadienne s'ils étaient mis en œuvre. Cette décision survient alors que Toyota et Honda rencontrent une concurrence accrue en Europe, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine, face aux véhicules électriques à prix abordable produits par des concurrents chinois tels que BYD.
Les États-Unis restent le plus important marché pour les deux constructeurs automobiles, dues à des restrictions imposées aux concurrents chinois sur ce marché. Barclays estime que près d'un quart des modèles de Honda vendus aux États-Unis l'année dernière ont été produits au Canada, ainsi que 17 % des véhicules de Toyota. Les constructeurs automobiles allemands ne disposent pas d'usines au Canada, mais ont exporté environ 35 000 véhicules depuis les États-Unis au Canada en 2023, selon l'association VDA allemande du secteur de l'automobile. Ils risquent donc de subir une rétorsion potentielle du Canada.
Ces tarifs font partie d'une politique commerciale protectionniste américaine qui remet en cause l'industrie automobile mondiale. Toyota répond en augmentant sa production aux États-Unis, prévisionnant d'investir jusqu'à 10 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années, dont 3,6 milliards de dollars pour une nouvelle usine au Texas. La compagnie a indiqué que les tarifs américains lui ont coûté l'équivalent d'environ 7,6 milliards d'euros durant son dernier exercice fiscal.
Honda, qui est déjà confrontée à des marges très faibles, est confrontée à une incertitude supplémentaire. Un haut responsable a récemment déclaré que la construction d'une huitième usine en Amérique du Nord dépend du renouvellement de l'Accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA). Le président Donald Trump s'est opposé à une prolongation automatique du pacte le 1er juillet, ce qui a rendu nécessaires des examens annuels.
Les tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et le Canada présentent des risques réciproques pour les constructeurs automobiles opérant dans les deux marchés.












