Le trafic des pétroliers dans le détroit d'Hormuz a baissé en dessous des niveaux moyens récents mardi, selon des sociétés de suivi des navires, alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient s'intensifaient.
Kpler a signalé seulement quatre traversées de pétroliers mardi, un nombre inférieur à la moyenne de dix jours, qui s'établit à 13. Windward, un autre service de suivi, a enregistré quatre pétroliers qui entrent dans le détroit, dont deux fonctionnent en « mode sombre », une pratique dans laquelle les navires désactivent leurs transpondeurs. Windward a également noté trois pétroliers qui sortent du détroit, dont l'un était également en mode sombre.
La diminution du trafic fait suite aux informations d'attentats contre deux pétroliers dans la région, attribués à l'Iran en réaction aux opérations militaires américaines du week-end. Les prix du pétrole ont enregistré des hausses importantes, le devis du brut Brent dépassant brièvement 96 dollars le baril et celui du WTI dépassant 90 dollars le baril.
Le secrétaire américain à l'Energie, Chris Wright, a indiqué que 17 millions de barils de pétrole brut étaient passés par le détroit, rien qu'en une seule journée, lundi dernier. Les analystes préconisent toutefois de rester prudents au sujet de ces chiffres, estimant qu'ils peuvent être exagérés. L'équipe de spécialistes des matières premières d'ING a précisé que les estimations de suivi des navires diffèrent souvent notablement des données communiquées, ce qui souligne la nécessité de tirer des moyennes à long terme en lieu et place des données quotidiennes.
Les derniers développements soulignent la vulnérabilité des principales voies d'approvisionnement en pétrole mondial dans un contexte d'instabilité régionale accrue. Le détroit d'Ormuz reste un point critique, et toute perturbation pourrait amplifier la volatilité des prix sur les marchés de l'énergie.
Les tensions ont continué d escalader alors que les responsables iraniens et américains se sont envoyés des avertissements. Le commandement militaire iranien a déclaré que les actions américaines continues dans la région provoqueront des « réactions plus graves, plus généralisées et plus dévastatrices », tandis que l'ancien président américain Donald Trump, cité par Reuters, affirmait que l'économie iranienne se dégradait et appelait à des troubles internes.
Les analystes alertent sur le fait que la combinaison de la réduction du trafic des pétroliers et des risques géopolitiques pourrait accentuer les inquiétudes sur l'offre, alors même que certaines estimations indiquent que les flux de pétrole du Golfe Persique restent supérieurs aux niveaux anteriores à la crise, si l'on tient compte des routes alternatives.













