L'intelligence artificielle pourrait contribuer à une augmentation de l'inflation à court et à moyen terme, selon Petra Tschudin, membre du Conseil de direction de la Banque nationale suisse. Dans une interview publiée vendredi, Petra Tschudin a souligné les risques liés à un redirection des dépenses d'investissement et à des blocages de l'approvisionnement, en particulier dans les composants semi-conducteurs, qui pourraient relever les prix avant que les gains deproductivité liés à l'intelligence artificielle ne se traduisent en avantages économiques plus généraux.
Tschudin a fait remarquer que, même si les améliorations de productivité dues à l'IA n'ont jamais conduit à une déflation structurelle dans le passé, la phase initiale d'adoption de cette technologie peut souvent provoquer des déséquilibres.« Des pénuries peuvent apparaître, par exemple pour les microprocesseurs, ce qui provoque une augmentation des prix», a-t-elle précisé. «Cela peut aussi entraîner, dans le court ou le moyen terme, une pression inflationniste à la hausse.»
La dernière prévision de l'inflation circulaire de la SNB, qui couvre le premier trimestre 2029, prévoit une hausse annuelle des prix dans la fourchette de cibles de 0 % à 2 % de la banque centrale. La projection suppose que les taux d'intérêt restent à leur niveau actuel de 0 %. Toutefois, Mme Tschudin a souligné que la prévision ne signifiait pas que les taux resteraient inchangés pendant trois ans. «Cette prévision conditionnelle n'est pas à interpréter comme indiquant que les taux d'intérêt resteront à leur niveau actuel pendant cette durée», a-t-elle expliqué. «Nous ne publions pas de prévisions sur les taux d'intérêt.»
Plus tôt cette semaine, la chef économiste du Fonds monétaire international, Silvana Tenreyro, a prévenu dans une étude de la Banque d'Angleterre que les gains en productivité issus de l'IA ne se traduiseraient peut-être pas nécessairement par une baisse de l'inflation. Cette divergence souligne l'incertitude entourant les effets macroéconomiques de l'IA, les pressions inflationnistes à court terme s'opposant aux possibilités de désinflation à long terme.
Tschudin a ajouté que la SNB ajusterait sa politique monétaire si de nouvelles données relatives à l'inflation en justifiaient la nécessité, réitérant l'approche de la banque centrale fondée sur les données pour les décisions politiques.













