La faible inflation enregistrée en Suisse provient des attentes fermement ancrées et de la structure du panier de prix à la consommation suisse, a indiqué vendredi Petra Tschudin, membre du Conseil directeur de la Banque nationale suisse (SNB).
Tschudin, qui a rejoint le Conseil de direction de la BNS en octobre 2024, a noté que l'objectif d'inflation à moyen terme de 0 à 2% de la Banque centrale avait été régulièrement atteint, ce qui traduit une dynamique stable des prix. La composition de l'IPC suisse, où les produits énergétiques ne représentent que 2% du panier, limite le pass-through des prix fluctuants du pétrole et du gaz sur l'inflation globale par rapport aux autres économies.
La prévision de l'inflation conditionnelle de la BNS, qui suppose des taux directeurs inchangés, ne signifie pas une trajectoire spécifique pour les taux d'intérêt futurs, a souligné Tschudin. Les ajustements de la politique seront effectués en fonction des nouvelles données sur l'inflation. Bien que les taux négatifs demeurent un instrument viable, la transmission dans un environnement sous zéro diffère des niveaux de taux positifs. Les établissements bancaires ne peuvent pas réduire indéfiniment les taux de dépôt, ce qui limite la transmission aux taux d'emprunt. « S'il devient nécessaire de baisser les taux en dessous de zéro pour maintenir l'inflation entre 0 % et 2 % à moyen terme, nous le ferons », a déclaré M. Tschudin.
Le franc suisse n’est pas l’instrument principal de politique monétaire, malgré le taux directeur actuel de 0%. Le levier principal de la BNS reste le taux directeur, qui affecte les coûts de financement sur le marché interne et le taux de change. La faiblesse du franc des derniers temps reflète une inflation externe plus forte, notamment sur les prix de l’énergie, qui a fait grimper les prévisions de taux d’intérêt et stimulé la demande pour les autres monnaies.
En ce qui concerne les interventions monétaires, Tschudin a indiqué que la BNS évalue si les mouvements des taux de change menacent la stabilité des prix. Les décisions dépendent de la question de savoir si un mouvement modifie considérablement les perspectives d'inflation ou mine le mandat de la Banque centrale. L'inclusion de la Suisse sur la liste de surveillance du département du Trésor américain relative à de possibles manipulations monétaires n'est pas incompatible avec l'indépendance opérationnelle de la BNS, a-t-elle précisé.












