Le président russe Vladimir Poutine a indiqué jeudi que le déficit budgétaire du pays ne présentait aucun risque majeure, malgré son augmentation à 2,8 % du produit intérieur brut au cours des sept premiers mois de l'année, soit une hausse de 40 % par rapport à la période précédente. Intervenant lors d'un forum économique à Vladivostok, Poutine a attribué la manageabilité du déficit aux niveaux de dette nationale relativement bas de la Russie par rapport aux autres économies.
L'accélération du déficit reflète les dépenses supérieures du gouvernement liées à la quatrième année de la guerre en Ukraine, ce qui a conduit à une augmentation de l'emprunt et à des impôts plus élevés en 2023 pour financer les opérations militaires. Les analystes soulignent que, bien que le déficit ait dépassé la cible annuelle officielle de 1,6 % du PIB, Vladimir Poutine a souligné que la politique monétaire actuelle n'est pas trop restrictive et que l'économie doit éviter de surréfrigérer.
Poutine a également souligné les efforts du gouvernement pour soutenir les entreprises grâce à plusieurs programmes de prêts, malgré que le taux d'intérêt directeur de la banque centrale reste à 14 %. Les groupes d'entreprises ont demandé que ce taux soit abaissé au-dessous de 12 %, invoquant des préoccupations concernant la croissance économique. La banque centrale doit revoir sa politique le 11 septembre, et les analystes s'attendent largement à ce qu'il ne y ait aucune modification dans un contexte marqué par une augmentation des risques d'inflation.
La situation économique a été aggravée par des attaques ukrainiennes à l'aide de drones visant l'infrastructure critique, notamment des raffineries de pétrole et des entrepôts appartenant aux détaillants en ligne Wildberries et Ozon. Ces attaques ont perturbé les approvisionnements en carburant, incité l'inflation à la hausse et porté des pertes aux petites entreprises, ce qui a contraint davantage les autorités fiscales et monétaires à trouver un équilibre entre croissance et stabilité.












