Les prix du pétrole ont diminué mardi alors que les marchés digestaient de nouvelles sanctions américaines contre l'Iran et une forte baisse du trafic maritime dans le détroit d'Hormuz, une route de transit pétrolière essentielle.
Les futures sur le brut Brent ont chuté de 2,92 % à 87,90 $ le baril à 08h53 GMT, tandis que le brut West Texas Intermediate (WTI) américain a baissé de 3,11 % à 82,37 $ le baril. Les deux indices ont accusé une baisse de plus de 2 % lors de la session précédente, le WTI se situant près d'un niveau record d'une semaine tandis que les investisseurs réalisaient des bénéfices après une progression sur plusieurs semaines.
Le Trésor américain a annoncé, lundi, des sanctions visant 60 entités et individus liés à l'Iran, avertissant les partenaires mondiaux contre tout engagement économique avec Téhéran. Toutefois, cette annonce est restée vague en ce qui concerne sa mise en œuvre ou les sanctions qui pourraient en découler, et aucune entité chinoise n'y est citée. Les analytiques de la banque ING ont souligné que les prix du pétrole se sont sensiblement décalibrés malgré la reprise de la pression, les traders estimant que ces mesures étaient « marginaux plutôt que déterminants pour le marché ».
Le trafic maritim à travers le détroit d'Ormuz, un axe de passage essentiel qui représente environ un cinquième des flux de pétrole et de gaz naturel liquéfié à l'échelle mondiale avant la guerre fin février, s'est ralenti à seulement un seul cargo lundi. La baisse du trafic est intervenue après l'annonce des sanctions américaines et constitue une forte diminution par rapport aux niveaux enregistrés avant la guerre.
Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, Mohsin Naqvi, a déclaré mardi que des "progressions importantes" avaient été réalisées lors de récentes discussions avec les responsables iraniens, qualifiant ces discussions de "très positives". Naqvi a souligné un "échange constructif" avec les dirigeants de Téhéran, même si aucune suite concrète n'a été divulguée.
Les analystes d'ANZ ont fait écho à la réaction mitigée du marché, affirmant que l'annonce d'une campagne "sans précédent" pour isoler l'Iran manquait de calendrier précis ou de plans actionnables. L'absence de sanctions immédiates ou de mécanismes d'application semblait limiter l'impact des sanctions sur les marchés du pétrole.
Le trafic dans le détroit d'Ormuz avait déjà chuté à son plus bas niveau quotidien depuis le 7 mai, avant le fléchissement observé lundi, soulignant les perturbations plus générales des flux commerciaux régionaux dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes.












