Les contrats à terme du Brent et du brut West Texas Intermediate ont chacune enregistré une augmentation de près de 0,8 % mardi, prolongeant une tendance générale à la hausse alors que les risques de disruption de l'approvisionnement dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab al Mandab persistaient.
Le nombre de navires transitant le détroit d'Hormuz a chuté à six lundi, en-dessous de la moyenne de dix jours de 11 navires, selon les données de Kpler citées par Reuters. L'unité de commandement du commerce maritime du Royaume-Uni a rapporté qu'un navire avait été ciblé dans le détroit, tandis que l'Iran avait lancé deux missiles balistiques visant la navigation dans la région, selon les Émirats arabes unis.
L'absence de réaction américaine contraste avec les précédents incidents d'escalade, tels que la vague de tensions de deux semaines qui a suivi le ciblage par l'Iran de trois navires dans le détroit, après la rupture d'un protocole d'accord. Les analystes suggèrent que cette retenue actuelle reflète une volonté temporaire des États-Unis d'éviter une escalade, potentiellement au-delà des élections de mi-mandat. Des informations indicent que le président Donald Trump a préféré rejeter le protocole d'accord en raison de ses concessions à l'Iran, tout en évitant une action militaire plus large avant les élections cruciales aux États-Unis et en Israël.
Les prix de l'essence aux États-Unis restent stables au-dessus de 4 dollars le gallon, malgré la situation géopolitique, selon les données de l'indice AAA Fuel Gauge. Les rendements des titres du Trésor à long terme ont également augmenté, avec un rendement de 10 ans proche de 4,7% et un rendement de 30 ans à 5,3%, ce dernier étant le plus élevé depuis 2007. Les rendements élevés limitent la capacité du marché à absorber d'autres chocs liés aux prix de l'énergie, ce qui pourrait faire monter les coûts d'emprunt au moment où l'inflation soutenue portée par l'énergie persiste.
L'état prolongé de "pas de guerre, pas de paix" entretient une prime de risque géopolitique dans les prix du brut, empêchant une baisse plus marquée. Les tensions prolongées augmentent le risque de sous-estimation et d'escalade involontaire, ce qui pourrait perturber les livraisons d'énergie par des attaques ciblées contre des navires ou des infrastructures. La réactivation du conflit au Yémen illustre comment la zone grise entre guerre et paix peut persister sans un règlement global.
Les analystes avertissent que l'équilibre actuel reste fragile, les perturbations de l'offre pouvant s'intensifier si les tensions régionales augmentent encore.










