L'inflation annuelle des prix à la consommation a ralenti à 15,43 % en juillet, après 16,16 % en juin, marquant ainsi la première baisse en 10 mois, selon les données publiées mardi par le Bureau national de la statistique (NBS).
Ce ralentissement s'inscrit dans une période prolongée de hausse des prix, avec l'inflation alimentaire, qui représente plus de la moitié de l'indice des prix à la consommation, s'essoufflant à 20,75 % après 21,84 % en juin. L'inflation de base, qui exclut les articles alimentaires et énergétiques volatils, a légèrement baissé à 13,71 % après 13,85 %.
Les économistes attribuent cette modération aux effets de base, car les hausses de prix de la même période l'an dernier ont ralenti la comparaison interannuelle. Les prix alimentaires, un facteur clé de l'inflation, ont bénéficié des améliorations des conditions de production, en particulier pour les céréales comme le riz et les grains, suite aux récentes récoltes.
La banque centrale a poursuivi sa politique de resserrement monétaire, avec une augmentation de 200 points de base en mai, qui n'a pas encore pleinement transmis à la consommation. Le Comité de politique monétaire a relevé le taux directeur à 26,75 % en juillet, le plus élevé en deux décennies, dans le but d'ancrer les attentes inflationnistes.
Bien que le chiffre de juillet suggère des progrès incertains, les risques demeurent. La faiblesse persistante du naira, les coûts énergétiques élevés et les bouchons logistiques continuent d'exercer une pression ascendante sur les prix. La prochaine décision de la banque centrale, prévue en septembre, sera suivie de près pour obtenir des indications supplémentaires sur la trajectoire de l'inflation.
Les données du NBS, publiées avec retard, soulignent les défis auxquels s'expose l'économie la plus importante d'Afrique pour trouver un équilibre entre la croissance et la stabilité des prix face aux vents contraires internationaux et domestiques.



