Hormuz, or et avocats : pourquoi la géopolitique continue de piloter les matières premières
L’ouverture prochaine du détroit d’Hormuz par l’Iran, un appel haussier sur l’or et la reprise timide des exportations d’avocats soulignent un marché où le risque géopolitique et les goulets d’approvisionnement restent les moteurs des mouvements de prix.

J’observe le paysage des matières premières depuis plusieurs mois, et le dernier trio de titres – la quasi‑finalisation par l’Iran d’un accord médiatisé par Oman sur Hormuz, l’appel de Rubner de Citadel à reprendre les achats d’or, et la reprise partielle par les États‑Unis des expéditions d’avocats depuis le Mexique – confirme une vérité simple : la géopolitique et les ruptures d’approvisionnement dominent toujours la dynamique des prix.
L’affaire Hormuz rappelle que le point d’étranglement pétrolier le plus stratégique du monde reste un levier politique. L’Iran affirme que les pourparlers avec Oman sont "near completion", ce qui constitue autant un signal diplomatique qu’un signal de marché ; le détroit transporte environ un cinquième du pétrole mondial transporté par mer. Toute perception d’une possible fermeture du passage fait immédiatement grimper les primes de risque sur le brut, les produits raffinés et même les matières énergétiques connexes.
Ce qui rend l’appel iranien à Washington particulièrement intéressant, c’est la demande implicite que les États‑Unis prennent des mesures concrètes pour maintenir le passage ouvert. Historiquement, la présence navale américaine a fonctionné comme une assurance de facto pour les transporteurs. Si Washington réduisait ses opérations d’escorte, on pourrait assister à un élargissement rapide des écarts Brent‑WTI et à un rebond à court terme des carburants alternatifs tels que le GNL, les traders se couvrant contre un choc d’approvisionnement potentiel.
De l’autre côté du spectre du risque, l’analyste senior Rubner de Citadel a indiqué que le marché de l’or sort de sa posture défensive. Après des mois de données d’inflation atténuées et d’un dollar relativement stable, le ratio cours‑bénéfice du métal revient progressivement vers ses moyennes historiques, et la courbe à terme n’est plus en profond contango. En bref, le rendement ajusté au risque de l’or devient plus attractif qu’il ne l’a été au cours de la dernière année.
Ce basculement ne se produit pas dans le vide. La même tension géopolitique qui alimente les pics de prix du pétrole soutient également la demande de valeur refuge pour l’or. Les investisseurs qui suivent les négociations d’Hormuz se souviendront que chaque flambée au Moyen‑Orient a historiquement fait grimper le prix au comptant de l’or, le capital averses au risque cherchant un actif de valeur isolé de l’inflation liée au pétrole.
Parallèlement, sur le front agricole, la décision des États‑Unis de redémarrer partiellement les activités dans le hub mexicain de l’avocat constitue un signe modeste mais révélateur que les perturbations de la chaîne d’approvisionnement s’atténuent. La suspension, intervenue plus tôt cette année, était due à une combinaison de pénuries de main‑d’œuvre liées à la COVID‑19 et de problèmes de sécurité dans la région. Une reprise limitée suggère que les producteurs regagnent confiance, mais l’expression "partial restart" laisse entendre que le marché reste fragile.
L’histoire de l’avocat souligne un point plus large : même les matières premières qui semblent éloignées de la géopolitique restent vulnérables aux chocs politiques et logistiques. Une légère hausse des expéditions d’avocats peut réduire les stocks et soutenir les prix, d’autant plus que le fruit gagne en popularité sur le marché américain. Cela rappelle également que les nouvelles du côté offre peuvent être aussi déterminantes pour les prix que les données macro‑demandes.
En rassemblant ces trois fils, je considère que le secteur des matières premières restera très sensible à toute nouvelle évolution à Hormuz, aux changements de sentiment refuge et à la normalisation progressive des chaînes d’approvisionnement agricoles. Si les fondamentaux de chaque marché diffèrent, le dénominateur commun reste le risque. Traders et investisseurs doivent suivre de près les titres diplomatiques et le rythme de réparation des lignes d’approvisionnement perturbées, car ces facteurs continueront de fixer le ton de l’action des prix sur l’ensemble du marché.
David reports on energy, metals and agricultural markets, tracking how supply signals and safe-haven demand move prices across the commodities complex.
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