Les actions mondiales ont reculé mercredi alors que le récent mouvement de vente sur le marché des obligations a montré des signes de ralentissement, bien que les taux de référence restent proches de leurs plus hauts niveaux depuis plusieurs décennies. L'indice MSCI Asie-Pacifique, exclus le Japon, a baissé de 1,7 %, le Nikkei japonais reculant de 2,6 % tandis que les investisseurs réévaluaient leur exposition aux risques dans un contexte de coûts d'emprunt élevés.
Les rendements des titres du Trésor américain se sont consolidés après avoir atteint leur plus haut niveau en 20 ans, à 5,3371 % mardi. La note à 10 ans a été négociée autour de 5,28 %. La hausse des rendements à long terme a pesé sur les actions, en particulier dans les secteurs sensibles à la croissance, alors que les coûts d'emprunt augmentent. En Europe, les rendements des obligations allemandes à 10 et 30 ans ont touché leurs niveaux les plus élevés depuis 2011, tandis que le rendement à 30 ans de la France a augmenté de près de 50 points de base depuis fin juin.
Le rebond des obligations s'est étendu au Japon, où le rendement à 10 ans a approché 3 %, un niveau qui n'était plus vu depuis que la Banque du Japon a commencé à normaliser sa politique monétaire. Ce changement a conduit les investisseurs vers des actifs plus sûrs, mais la proximité du yen au niveau de 160 yens pour un dollar – le dernier niveau atteint était 159,44 yens – a limité son attrait en tant que refuge. L'euro est resté proche de 1,1576 dollar, tandis que le dollar australien s'est raffermi à 1,4128 dollar.
Les marchés des obligations d'entreprises ont reflété la tension, Alphabet étant censé chercher à lever environ 5 milliards de dollars australiens (3,5 milliards de dollars US) par l'émission d'obligations en dollars australiens. Le Trésor américain devait également mettre en vente une obligation de 16 milliards de dollars à 20 ans, ce qui compléterait l'offre abondante sur un marché déjà confronté à une forte hausse de la émission.
En ce qui concerne les actions, les contrats à terme sur l'indice S&P 500 et l'Euro Stoxx 50 ont reculé de 0,1 % avant la publication des données sur les ventes au détail et la construction de logements aux États-Unis, qui sont attendues plus tard dans la session. Les minutes de la dernière réunion de la Banque centrale américaine, qui seront bientôt publiées, devraient également attirer l'attention, les marchés scrutant tout signal pouvant éclairer les orientations futures de la politique monétaire.
Le revenu annuel de croissance d'Anthropic a dépassé 65 milliards de dollars à la fin de juillet, soulignant l'expansion rapide du secteur de la technologie, malgré la volatilité plus générale du marché. Toutefois, le secteur a dévancé les investisseurs qui ont préféré des placements défensifs. Lowe's, Target et TJX figurent parmi les sociétés qui publieront leurs résultats cette semaine, tandis que Home Depot présentera son bilan mardi.
Cette baisse des taux obligataires a été encouragée par les inquiétudes croissantes quant à la discipline budgétaire, le PDG de deVere Group, Nigel Green, notant que les investisseurs prennent de plus en plus en compte le risque d'un dépassement des dépenses des gouvernements. Le stratégiste principal de la place obligataire d'ANZ, Jack Chambers, a ajouté que les investisseurs obligataires à long terme deviennent de plus en plus sensibles au prix dans un contexte d'émission de dettes élevée, ce qui diminue la capacité du marché à absorber la nouvelle offre sans nouvelle hausse des rendements.
Les matières premières offrent un décor mitigé, avec les futures du brut Brent qui restent au-dessus de 90 dollars le baril. Les États-Unis ont temporairement suspendu une taxe de 50 % sur les produits canadiens pour trois jours, une mesure qui a apporté un soulagement limité aux flux commerciaux transfrontaliers.
Les pertes de la journée clôturent une période mouvementée pour les marchés mondiaux, alors que les investisseurs tentent d'équilibrer le repli des titres obligataires avec l'incertitude persistante entourant la politique des banques centrales et la croissance économique.












