Les contrats à terme sur le gaz naturel en Europe ont reculé lundi après avoir atteint des sommets de plusieurs semaines, les investisseurs prenant leurs bénéfices à la suite d’une forte hausse des prix de l’énergie.
Le contrat TTF néerlandais de premier mois, référence européenne du gaz, a perdu 3,5 % pour s’établir autour de 32,50 euros le mégawattheure en milieu de journée, effaçant ainsi une partie des gains enregistrés lors d’une récente flambée des prix qui avait poussé les cours à leurs plus hauts niveaux depuis début mars. Ce repli intervient après une période de forte volatilité, alimentée par des craintes sur l’approvisionnement et une demande soutenue dans un contexte de températures anormalement froides.
Les opérateurs ont évoqué les prises de bénéfices comme principal facteur de cette baisse, certains mentionnant également une légère amélioration des niveaux de stockage en Europe. Selon les données du groupe industriel Gas Infrastructure Europe, les installations de stockage de gaz en Europe affichaient un taux de remplissage de 62,3 %, contre 61,8 % une semaine plus tôt, mais restant en dessous de la moyenne saisonnière sur cinq ans.
La récente hausse des prix avait été alimentée par des craintes de perturbations de l’approvisionnement, notamment en Norvège, où des travaux de maintenance sur des installations clés avaient suscité des inquiétudes quant aux volumes d’exportation. Par ailleurs, des températures plus froides que la normale sur le continent ont accru la demande de chauffage, resserrant encore davantage le marché.
Les analystes du cabinet de conseil en énergie Energy Aspects ont souligné que, si la phase de prises de bénéfices pourrait se poursuivre à court terme, la tension structurelle du marché européen du gaz reste intacte. « Les risques structurels sur l’offre n’ont pas disparu », a déclaré l’un des analystes. « Un nouvel épisode de froid ou des arrêts imprévus pourraient rapidement relancer la hausse des prix. »
Le marché européen du gaz s’est montré particulièrement sensible aux développements géopolitiques et météorologiques ces derniers mois, avec des prix fluctuant fortement en réponse aux évolutions de l’offre et de la demande.


