Le cours de l’or a reculé mercredi, sous la pression conjuguée de la remontée des rendements des Treasuries américains et de la hausse des prix du pétrole, qui ont fragilisé le rebond récent du métal précieux.
Les rendements des obligations d’État américaines à 10 ans ont frôlé les 4,6 %, un niveau proche de ceux observés fin 2023, ce qui réduit l’attrait des actifs non rémunérateurs comme l’or. Des rendements plus élevés augmentent le coût d’opportunité de détenir de l’or, qui ne génère aucun revenu, tout en reflétant des anticipations de croissance économique plus robustes, généralement favorables au dollar.
Les cours du pétrole ont poursuivi leur progression, le baril de Brent gagnant près de 2 % pour s’établir autour de 87 dollars, porté par des craintes sur l’offre et une demande soutenue. La hausse des prix de l’énergie tend à alimenter les anticipations d’inflation, ce qui peut éroder la valeur refuge de l’or. Le rôle traditionnel du métal jaune comme couverture contre l’inflation s’affaiblit lorsque les pressions inflationnistes sont tirées par le pétrole, les investisseurs se tournant alors vers des actifs offrant un rendement ou une exposition directe aux actions liées aux matières premières.
L’indice du dollar américain est resté ferme, proche d’un plus haut de deux semaines, exerçant une pression supplémentaire sur l’or, libellé en dollars. Les analystes soulignent que les perspectives à court terme du métal dépendent de la stabilisation des rendements ou d’un repli des prix du pétrole depuis leurs récents sommets. Une résistance technique pour l’or est identifiée autour de 2 350 dollars l’once, tandis que le support se situe à 2 250 dollars.
Le rebond récent de l’or, qui avait franchi des records au-dessus de 2 400 dollars en avril, avait déjà été mis à l’épreuve par l’évolution des conditions macroéconomiques. Le double frein que constituent les rendements élevés et les prix du pétrole risque désormais de prolonger la phase de consolidation sur le marché de l’or.



