Le dollar américain a enregistré une baisse dans l’ensemble jeudi, en raison de l’annonce faite par le secrétaire du Trésor, Steven Bessent, d’une éventuelle initiative budgétaire visant à limiter la hausse des coûts d’emprunt. Cette annonce a fait bondir de leur place les signaux plus tôt affirmés d’un accroissement des rachats de bons du Trésor. Les analystes avaient toutefois prédit que cette mesure limitée à un doublement des rachats trimestriels sur le marché des obligations américains, un investissement de 31,5 milliards de dollars, avec un volume quotidien moyen de 1,0 à 1,2 trillion de dollars, n’aurait qu’un impact limité sur la volubilité (attentus du marché) de ce marché.
Les investisseurs japonais ont accéléré leurs achats d'actifs étrangers au cours des deux premières semaines d'août, en acquérant environ 36,5 milliards de dollars, selon les données du ministère des finances. Ces achats font suite aux récentes interventions monétaires et soulignent le scepticisme du marché face aux affirmations américaines de contrôle sur les parcours stratégiques de navigation, notamment dans le détroit d'Hormuz. Les remarques de Bessent mardi, qui comprenaient une surprise face à la hausse de 2 % des futures du Treasury d'octobre, ont peu réussi à influencer l'humeur des investisseurs, le rendement des obligations à dix ans replaçant à environ 4,70 %, près des niveaux d'avant l'annonce.
M. Bessent a par ailleurs indiqué que le gouvernement dévoilait des mesures supplémentaires destinées à faire baisser le rendement, un signal qui a contribué à la baisse plus générale du dollar. L'annonce n'a pas comporté de projets de réduction du déficit, avec un déficit fiscal prévu à environ 6% du PIB pour l'année. La courbe des rendements des États-Unis à 2 et 10 ans reste bien plus aiguisée qu'au midjuin, lorsque Kevin Warsh présidait sa première réunion du Comité Fédéral des Marchés Ouverts.
Des développements géopolitiques ont accru l'incertitude sur les marchés, la Corée du Nord réalisant cette semaine un troisième essai d'armes : mercredi, Pyongyang a lancé un barrage de missiles balistiques à courte portée. En parallèle, les signaux diplomatiques de Pyongyang restaient mixtes, alors que la sœur du dirigeant Kim Jong-un a affirmé ne pas être au courant de toute communication directe avec Washington, malgré les initiatives du président Trump envers le dirigeant nord-coréen. Le ralentissement des manœuvres militaires américano-sud-coréennes, destinées à calmer les tensions, risque de mettre à rude épreuve les relations avec Séoul et de provoquer des concessions commerciales.
Sur les marchés des devises, l'euro a progressé jusqu'à près de 1,1710 dollar, avant de se consolider vers 1,1665 dollar, avec une résistance technique notée au niveau de 1,17 dollar, correspondant au retranchement de 50% de la baisse de l'euro par rapport au sommet de janvier, proche de 1,2080 dollar. Le prochain niveau de retranchement, à 61,8%, se situe juste en-dessous de 1,18 dollar. La baisse du dollar par rapport au yen a poussé le USD/JPY vers près de 158 yens, un niveau aligné avec le retranchement de 38,2% de la hausse post-intervention. Le dollar a légèrement redressé les tableaux vers 159,15 yens, avant de se stabiliser à 158,35 yens, où se situe la moyenne mobile à 200 jours. Une rupture en dessous de 158 yens pourrait étendre les pertes vers 157,50 yens, selon l'analyse.
La livre sterling s'est renforcée pour atteindre 1,3675 dollar, soutenue par la faiblesse du dollar et le fort rapport provisoire du PMI de août, bien que les données sur les ventes au détail aient déçu. La livre sterling fait face à une résistance technique dans la plage de 1,3700-1,3710 dollars. Le dollar canadien a également progressé, avec le taux USD/CAD plongeant à environ 1,3745 dollar canadien après une première baisse à 1,3755 dollar canadien, son niveau le plus faible en trois mois. Un support est visible dans la zone de 1,3700-1,3715 dollar canadien.
Le dollar australien s'est rapproché de la zone de résistance située entre 0,7170 USD et 0,7200 USD, en touchant brièvement 0,7165 USD malgré un PMI composite plus faible. Pendant ce temps, le peso mexicain s'est consolidé dans la plage observée mercredi, se tenant au-dessus de 16,9425 MXN mais échouant à franchir le seuil de 17,00 MXN, tandis que le real brésilien a terminé légèrement au-dessus de 5,20 BRL. La yuan hors Chine a affaibli à 6,7180 CNH, prolongeant un plus bas de trois ans et demi près de 6,72 CNH, malgré un taux de référence de la Banque populaire de Chine légèrement plus élevé.
Les produits de base ont montré des performances mixtes, le contrat d'achat d'or ayant brièvement dépassé 4 600 $, son niveau le plus élevé depuis mi-mai, avant de réaliser des gains limités. Au cours de cette évolution, plus de 38,2 % de la baisse par rapport au sommet de janvier, près de 5 595 $, a été rattrapé. Une clôture solide au-dessus de 4 575 $ serait considérée comme constructive, le prochain objectif de retroussement se situant à 4 770 $. Les prix de l'argent ont atteint près de 70 $, leur niveau le plus élevé depuis le 18 juin.
Les marchés pétroliers ont poursuivi leurs gains, le brut WTI d'octobre s'élevant à près de 87,70 dollars, son niveau le plus élevé depuis le 23 juillet, avant de se consolider entre 85,80 et 87,50 dollars. Le contrat a gagné plus de 7% cette semaine après une hausse de 5,6% la semaine précédente.












