Le dollar américain a progressé contre la plupart des principales devises lundi, alors que les frictions commerciales avec le Canada se sont intensifiées et que les sanctions américaines contre l'Iran se sont resserrées, alimentant une aversion au risque sur les marchés.
Les négociations commerciales entre Washington et Ottawa ont échoué la semaine dernière, après que le président Trump ait accordé au Canada un délai de trois jours pour échapper aux droits de douane de 50 % imposés sur 20 milliards de dollars de biens canadiens dans le cadre de l’USMCA. Le premier ministre canadien Justin Trudeau a reconnu des progrès, mais a souligné qu’il restait d’importantes questions non résolues, ce qui augmente le risque d’une nouvelle escalade. Pendant ce temps, les sanctions économiques américaines contre l’Iran s’intensifient, et le secrétaire au Trésor Jack Bessent va présenter les mesures dans une conférence de presse lundi. Les analystes soulignent le potentiel de sanctions secondaires contre les contrevenants, avec la réponse de la Chine en tant que priorité, avant la visite prochaine du président Xi à Washington.
Le dollar a progressé dans son ensemble, l'euro baissant à son niveau le plus bas en trois jours, à environ 1,1660 dollar au cours des transactions européennes. Un repli au-dessous de 1,1650 dollar pourrait renforcer la prudence, tandis qu'une hausse au-delà de 1,1620 dollar pourrait signifier une correction technique, selon l'analyse. Le yen restait sous pression, le dollar atteignant un niveau record de près de 159,30 yen au cours des transactions européennes, se situant à proximité du niveau de 160 yens qui pourrait inciter les autorités à intervenir. La livre sterling a également reculé à partir d'un sommet de six mois à 1,3675 dollar, évoluant autour de 1,3620 dollar après que les participants nord-américains ont réduit leurs marges de progression.
Le dollar canadien s'est affaissé vers son niveau le plus élevé en trois mois par rapport au dollar américain, le pair USD/CAD remontant de son plus bas de 1,3730 $CA à près de 1,3845 $. La moyenne mobile à 200 jours s'établit à 1,3900 $CA et demeure un support important, tandis que les indicateurs de momentum intraday témoignent d'une tendance tendue. Le dollar australien s'est consolidé près d'un niveau hors saison de 0,7180 $, avec une résistance à 0,7200 $. Une cassure sous 0,7135 $ pourrait indiquer la phase de correction.
Les devises des marchés émergents ont présenté des performances mixtes. Le peso mexicain a fluctué autour de 16,91 MXN, le dollar atteignant un nouveau plus bas marginal avant de se redresser. Le yuan offshore a pris de la vigueur, atteignant un pic de deux mois sous 6,7130 CNY, bien que la Banque populaire de Chine ait établi un taux de référence quotidien plus élevé pour la deuxième session consécutive. La roupie indienne a continué à évoluer dans la fourchette de la semaine dernière, fixée à 95,75 INR.
Les marchés des actions étaient mixtes, les futures des États-Unis indiquant un léger recul après une session oscillante vendredi. Le S&P 500 et le Nasdaq Composite restent sous les niveaux de gap clés de début de mois, tandis que les bourses asiatiques ont chuté de plus de 1 %, à l'exception de l'Australie. Les rendements des titres du Trésor américain ont légèrement chuté, la note à 10 ans descendant de près de trois points de base à 4,71 %, après avoir atteint un sommet de 2025 à 4,74 % la semaine dernière.
Les matières premières ont bénéficié des risques géopolitiques. L'or a accompagné les gains à un plus haut de trois mois, en dépassant 4 660 dollars l'once, après avoir progressé de 5,7 % la semaine dernière à 4 632 dollars. L'argent a traversé la barre des 70 dollars pour la première fois depuis la mi-juin, avec une hausse possible vers 72,25 dollars sur la moyenne mobile de 200 jours. Le brut WTI d'octobre, au contraire, a reculé après une rallée de six jours, chutant de 2,25 % pour se consolider vers 85,80 dollars et 87,50 dollars.
Le calendrier économique américain est calme et contient l'Indice national de l'activité de la Fed de Chicago, qui a contracté au cours du 1er et du 2e trimestre, malgré une croissance plus forte du PIB nominal. Les données du PIB du 2e trimestre du Mexique, qui seront publiées plus tard lundi, devraient confirmer une croissance trimestrielle de 1,5 %, la plus forte depuis fin 2020.












