La réforme de la taxation des trusts offshore en Chine incite les personnes riches à reévaluer leurs stratégies de gestion de patrimoine, alors que les autorités imposent une taxe sur le revenu de 20 % sur les revenus de ces structures et resserrent les délais de conformité.
Les règles révisées de l'administration des impôts de l'État, entrées en vigueur à la fin du mois de juillet, obligent les contribuables ne payant pas les taxes sur les actifs transférés dans des trusts depuis janvier 2023 à les déclarer dans un délai de 90 jours, ainsi que les revenus des trusts perçus avant 2026. Les bureaux d'impôts de Pékin, de Hangzhou et d'autres grandes villes ont déjà commencé à appliquer ces mesures, ciblant notamment les contrats d'assurance à l'étranger et autres instruments de gestion de la fortune utilisés par les résidents de la Chine continentale.
Cette offensive s'inscrit dans un plus large mouvement d'harmonisation du traitement des revenus nationaux et des revenus étrangers, selon un responsable fiscal local cité par les médias chinois le 7 août. Cette initiative fait suite à l'adoption en 2017 du Common Reporting Standard, qui a permis aux autorités d'acquérir une meilleure visibilité sur les comptes financiers offshore. Les analystes soulignent que la pression exercée en vue de l'application de ces règles devrait s'intensifier alors que les gouvernements provinciaux font face à des déficits de recettes dans le contexte de la baisse du marché immobilier en Chine et de la diminution des gains tirés des ventes de terrains.
Les gestionnaires de patrimoine et les conseillers révèlent que certains individus à fort patrimoine choisissent de mettre fin aux fiducies existantes, notamment celles associées à des listing prévus, tandis que d'autres s'abstiennent de créer de nouvelles structures de fiducie. Les stratégies alternatives comprennent le transférage d'actifs vers des gestionnaires extraterritoriaux plus petits ou la liquidation d'actions A de la Mainland afin de générer des liquidités dans un contexte de volatilité accrue du marché. Pour ceux qui possèdent des actifs illiquides tels que des biens immobiliers, le recours au crédit peut devenir nécessaire afin de respecter les obligations fiscales.
Le marché des trusts offshore a longtemps servi de moyen indispensable de préservation du patrimoine pour les super-riches de Chine : selon des rapports publiés par Julius Baer et KPMG, plus de la moitié des ultra-haut net-worth individuals du pays recourt à ce type de structures. Au début de l'année, McKinsey et Cie a estimé que les ultra-haut net-worth individuals de la Chine continentale possédaient 1,2 trillion de dollars sur des marchés tels que Hong Kong et Singapour, ce qui annonce l'ampleur des actifs soumis au nouveau régime de taxation.
Les nouvelles règles prévoient l'imposition d'un prélèvement de 20% sur les gains en capital réalisés lors du transfert d'actifs tels que des actions ou du bien immobilier dans des trusts offshore, ainsi qu'un impôt annuel de 20% sur les revenus générés par ces structures. Les professionnels du secteur fiscal à Shanghai et à Singapour avertissent que l'environnement réglementaire devient de plus en plus rigoureux, et que la mise en œuvre de ces dispositions devrait s'étendre à d'autres formes de revenus étrangers au cours des prochaines années.
David Luo, associé en fiscalité chez Zhonghua Certified Public Accountants à Shanghai, a noté que le système « Golden Tax Phase Four » est utilisé pour contrôler plus étroitement les transactions hors d’Heure. Pendant ce temps, Carlos Casanova, économiste senior pour l’Asie chez UBP, a souligné que ce changement de politique signalait une tendance à long terme vers des régulations de capital plus strictes et un respect accru de la conformité fiscale parmi les riches chinois.
Ces développements mettent en exergue les défis croissants auxquels la classe aisée chinoise doit faire face pour naviguer dans un paysage réglementaire en évolution, où les structures offshore offraient autrefois une relative opacité et une efficacité fiscale, mais comportent désormais des risques de conformité accrues.













