Un programme de maintenance saisonnier dans les sables pétrolifères du Canada devrait réduire la production de brut de 300 000 barils par jour en septembre, ce qui réduira l'offre pour les raffineurs américains déjà à plein régime, afin de compenser les pénuries de carburant à l'échelle mondiale.
Les perturbations arrivent alors que le brut lourd de remplacement reste rare. Les stocks du Canada sont aux plus bas niveaux en 12 mois, selon Rystad Energy, limitant ainsi le normal buffer contre les baisses saisonnières. La reprise de la production de brut du Venezuela a également été inférieure aux prévisions, les exportations n'ayant augmenté que modestement, à 1,16 millions de barils par jour en juillet, en légère baisse par rapport aux 1,2 millions de barils en juin, alors que le producteur d’État PDVSA puisant dans ses réserves pour respecter ses engagements.
Les raffineurs des États-Unis reçoivent généralement 4 millions de barils par jour de brut lourd du Canada. La réduction de septembre, associée à la demande mondiale et continue de carburants, pourrait encore accroître les marges de raffinage, en particulier pour le diesel, où l'espacement de craquage a atteint récemment un record de 100 dollars le baril.
Cette tension sur l'offre fait suite à des mois d'activité élevée dans les raffineries américaines, où les installations ont fonctionné à près de pleine capacité pour compenser les perturbations au Moyen-Orient. Les données de suivi des tankers citées par le Wall Street Journal n'ont pas confirmé les affirmations de Washington selon lesquelles les corridors maritimes se sont normalisés, tandis que les frappes aériennes ukrainiennes sur les raffineries russes continuent de limiter la production de pétrole et de diesel.
Les opérateurs des pipelines ont déjà réduit la rationnement des espaces disponibles sur les lignes clés, ce qui annonce une baisse des volumes de brut canadien en septembre. Les analystes avertissent que si l'inéquilibre d'offre persiste, la destruction de la demande pourrait s'étendre aux marchés les plus sensibles aux prix, avec des conséquences potentielles pour l'inflation et la croissance économique.
Le contexte géopolitique plus large – y compris le conflit en cours au Moyen-Orient et les sanctions étendues imposées par les États-Unis à l’Iran – exerce une pression supplémentaire sur les marchés mondiaux du carburant, sans solution à l’horizon proche.












