Le taux d'inflation annuel du Brésil s'est aff ectué à 4,24 % début août, s'inscrivant ainsi dans la fourchette de ciblage de la banque centrale pour la première fois depuis le milieu de l'année 2023. Les prix à la consommation ont baissé de 0,4 % par rapport au mois précédent, ce qui a dépassé la baisse de 0,32 % anticipée par les économistes et a inversé la hausse de 0,35 % enregistrée au mois précédent.
La lecture a été inférieure à l'estimation médiane de 4,33 %, marquant un recul notable par rapport au rythme de 4,64 % enregistré à la mi-juillet. La banque centrale vise un taux d'inflation de 3 %, avec un intervalle de tolérance de plus ou moins 1,5 point de pourcentage, ce qui signifie que le dernier chiffre reste dans la plage acceptable.
Le ralentissement de l'inflation fait suite à la décision de la banque centrale de réduire le taux de référence Selic de quart de point à 14 % au début de ce mois, quatrième baisse consécutive dans le cycle de politique monétaire. La commission de politique monétaire est appelée à se réunir à nouveau les 15 et 16 septembre, avec un autre vote prévu pour octobre.
Cette tendance à la désinflation survient alors que la plus grande économie de l’Amérique latine est confrontée à des coûts d’emprunt élevés dans un contexte de ralentissement de la croissance. Les pressions sur les prix intérieurs, aggravées par la hausse des coûts de l’énergie due à la tension qui règne au Moyen-Orient, avaient poussé l’inflation au-delà de la bande cible au cours des derniers mois. L’augmentation des dépenses sociales décidée par le gouvernement à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre a maintenu la demande, tout en suscitant des craintes quant à la viabilité budgétaire des investisseurs.
Le président Luiz Inácio Lula da Silva et le sénateur de droite Flávio Bolsonaro, principal défi pour les élections, ont tous deux critiqué la posture restrictive de la banque centrale. Lula a plaidé pour une réduction plus rapide du taux de base, tandis que Bolsonaro a présenté le coût élevé de l’emprunt comme un symptôme de dépenses publiques excessives.













