Airbus a reporté ses projets de faire travailler le personnel blanc-collant sur site quatre jours par semaine à partir de septembre, choisissant plutôt de maintenir les arrangements hybrides en place, après l'opposition des syndicats et les mouvements de grève.
La nouvelle approche de la société permet aux employés de continuer à travailler à distance en moyenne deux jours par semaine, renversant la politique qui visait à tripler les exigences sur place par rapport aux trois jours actuels. Cette décision fait suite à des protestations coordonnées en Espagne et à des perturbations sporadiques en France, où les syndicats s'opposaient au changement et aux modifications plus généralisées des conditions de travail.
Les activités espagnoles ont connu les perturbations les plus importantes, avec environ 40% des 14 000 employés locaux d'Airbus participant à des grèves intermittentes depuis juillet. Les manifestants dénoncent les politiques de télétravail, les modalités de transport, les congés et les ajustements salariaux. Une interruption de trois heures a été appelée en vue d'un vote lundi sur une possible grève plus longue, même si la production n'a pas été affectée, les fonctions secondaires de bureau étant les principales victimes de ces perturbations.
Le directeur général d'Airbus, Guillaume Faury, avait déjà considéré qu'un renforcement de la présence sur place était essentiel pour le transfert de connaissances, le développement des compétences et une prise de décision plus rapide, affirmant que la collaboration en personne était indispensable après la pandémie. Dans une note de juin, il avait exhorté les employés à soutenir la transition, affirmant que le travail à distance avait été un moyen d'échapper à la crise de la Covid-19, mais ne correspondait plus aux besoins opérationnels de l'entreprise.
Les dirigeants syndicaux, dont Edmundo Otero de l'UGT, ont reconnu le potentiel de progrès en matière de salaires indexés à l'inflation, mais ont appelé à davantage de clarifications sur des termes plus générales. La réaction des travailleurs reflète les dynamiques de l'industrie dans son ensemble. Airbus estime que entre 25 % et un tiers de ses employés ont rejoint l'entreprise au cours des trois dernières années, une période marquée par une forte chute des effectifs dans l'industrie aérospatiale à la suite de la pandémie.
Les actions d'Airbus ont chuté de 0,4% dans un marché plus solide vendredi, alors que les investisseurs tentaient de digérer le revirement de la politique. La société a insisté sur le fait que son objectif n'avait pas changé et a décrit l'ajustement comme un exercice d'écoute visant à assurer une transition plus fluide.
Le Salon aéronautique de Farnborough s'est déroulé le mois dernier, période qui a souligné les évolutions en cours des stratégies opérationnelles et de la main-d'oeuvre dans le secteur aérospatial.












