Le président zambien Hakainde Hichilema a été réélu vendredi, décrochant un second mandat de cinq ans dans un contexte de mécontentement croissant face à la hausse du coût de la vie et aux difficultés économiques.
Les résultats du scrutin, proclamés par la Commission électorale de Zambie, ont révélé une course serrée. Le soutien à Hichilema s’est trouvé affaibli par une inflation persistante et les répercussions de la volatilité des prix des matières premières sur l’économie mondiale. Plusieurs candidats de l’opposition, dont l’ancien président Edgar Lungu, ont contesté ces résultats, dénonçant des irrégularités dans le processus électoral.
Hichilema, entré en fonction en 2021, avait axé sa campagne sur des promesses de réformes économiques et de restructuration de la dette, obtenant notamment un programme de 1,3 milliard de dollars auprès du FMI pour stabiliser les finances publiques. Pourtant, la flambée des prix des denrées alimentaires et des carburants a érodé la confiance des électeurs, beaucoup privilégiant un soulagement économique immédiat plutôt que des changements structurels à long terme.
La Commission électorale a indiqué un taux de participation d’environ 60 %. Les résultats ont montré une victoire étroite mais nette pour Hichilema. Des observateurs internationaux, dont l’Union africaine, ont suivi le processus, saluant globalement le respect des normes électorales malgré quelques signalements isolés de problèmes procéduraux.
Les analystes estiment que la réélection de Hichilema pourrait garantir une continuité politique, mais son gouvernement devra faire face à une pression accrue pour juguler l’inflation et le chômage. Les défis budgétaires restent aigus, la dette absorbant une part importante du budget national.
Les dirigeants de l’opposition ont annoncé leur intention de contester les résultats devant la justice, arguant que des irrégularités dans des circonscriptions clés auraient pu influencer l’issue du scrutin. Le kwacha zambien, sous pression ces derniers mois en raison de la dépréciation, a réagi modestement à l’annonce des résultats, reflétant la prudence des investisseurs face à l’incertitude politique.


