La restructuration planifiée par Volkswagen, qui pourrait s’avérer la plus importante à ce jour, a suscité une forte alerte de la plus grande union allemande, IG Metall, alors que l’entreprise tente de relever des défis structurels dans un contexte de tarifications, de compétition asiatique et de marché chinois morose.
Le différend porte sur des propositions qui incluent des fermetures d'usines, la scission de certaines divisions et jusqu'à 50 000 départs de personnel. Un vote du conseil de surveillance sur trois plans de restructuration rivalisants est prévu vendredi, ce qui pourrait entraîner une assemblée extraordinaire des actionnaires si aucun consensus n'est atteint.
Thorsten Groeger, représentant régional de l'IG Metall, a fait un avertissement direct, affirmant que toute tentative de réviser un paquet de restructuration déjà convenu donnera lieu à une grève massive dans les usines de Volkswagen à Hanovre, Emden, Neckarsulm et Zwickau. "Je ne puis que vous prévenir : si le conseil d'administration tente à nouveau de remettre en cause ce contrat, les usines se soulèveront dans toutes nos installations", a déclaré M. Groeger. "Nous nous opposerons avec toute notre force."
Arno Antlitz, directeur financier de Volkswagen, a reconnu qu'il n'existait pas de plan de production viable pour les quatre usines actuellement examinées, bien qu'il ait souligné l'engagement de l'entreprise à préserver les emplois dès que possible. Ce différend intervient quelques moins de deux ans après le calendrier de restructuration conclu à la suite de longues négociations et de grèves averties.
Les enjeux financiers sont considérables. Volkswagen estime que si elle ne faisait pas face à l'excédent de capacités, cela pourrait entraîner un désavantage financier annuel permanent de 1,5 milliard d'euros (1,74 milliard de dollars), supposant un taux de change de 0,8622 euros par dollar. Le conseil de surveillance de l'entreprise doit maintenant participer à un vote à enjeux qui pourrait redessiner son empreinte opérationnelle en Allemagne et ailleurs, notamment en Chine, où les conditions du marché restent difficiles.
Le résultat de la réunion de vendredi déterminera si Volkswagen poursuivra son effort de restructuration le plus ambitieux jusqu’à présent ou si elle fera face à une perturbation industrielle prolongée alors que les syndicats se mobilisent contre de nouveaux emplois.













