Les actions du groupe UBS AG ont déferlé à leur niveau le plus élevé depuis mars 2008 la semaine dernière, clôturant à 44,53 francs le vendredi après une hausse de 4,8 % semineanne. Cette progression survient malgré une vente de 2,2 millions de francs réalisée par un cadre supérieur ou un membre du comité d'administration figurant sur le site de la SIX Swiss Exchange et alors que les investisseurs regardaient au-delà du prochain vote de la commission du Sénat sur les projets de règles de capital pour la banque.
La commission des Affaires économiques et de la fiscalité du Sénat suisse reprendra les délibérations lundi 31 août sur une proposition qui demanderait à UBS de disposer d'un appui d'un capital en capital propre de 100 % pour ses filiales. Cela forcerait la banque à lever environ 20 milliards de dollars en capital liquid, principalement sous la forme de Common Equity Tier 1 (CET1), qui comprend les actions ordinaires et les bénéfices retenus. La CET1 sert de tampon essentiel pour absorber les pertes et assurer la solvabilité pendant les crises, mais elle égalementfixe des capitaux qui pourraient autrement être utilisés pour les dividendes ou les rachats d'actions.
Une alternative en cours d'étude permettrait à UBS de satisfaire cette exigence à l'aide d'obligations de niveau 1 supplémentaire (AT1), un instrument hybride combinant des caractéristiques de dette et d'actionnariat. Les obligations AT1 ont été introduites après la crise financière de 2008 pour protéger les contribuables en cas d'échec bancaire en convertissant en capitaux propres ou en réduire à zéro lorsque le capital d'une banque tombe sous un seuil déterminé. Pour UBS, cette option serait moins coûteuse que l'émission de nouveaux capitaux propres.
Le Conseil fédéral s'oppose au recours aux obligations AT1, invoquant l'effondrement de Credit Suisse en mars 2023, où 16 milliards de francs suisses d'obligations AT1 ont été entièrement intégralement annulés. Cette dépréciation est survenue malgré les conditions de perte permanente mentionnées dans les prospectus des titres, qui ne prévoyaient pas de droit de conversion en cas d'intervention de l'État. Les tribunaux suisses examinent actuellement les poursuites intentées par les détenteurs d'obligations AT1 après que le tribunal administratif federal a jugé cette dépréciation illégale en octobre 2023, et une décision définitive est attendue de la Cour fédérale suisse.
Les analystes s'attendent à ce que le comité du Sénat étudie un compromis qui pourrait autoriser l'utilisation limitée des instruments AT1, tout en renforçant d'autres garanties en matière de capitaux. Le résultat du vote devrait influencer la stratégie de répartition des capitaux d'UBS et l'attitude des investisseurs à court terme.













