Le Trésor américain envisage de plus que doubler ses rachats de titres à revenu nominal à long terme, une mesure qui injectera une liquidité supplémentaire sur le marché des obligations et améliorera les conditions financières sans intervention explicite de la Réserve fédérale.
En vertu du plan, le Trésor augmentera le plafond de chaque opération de rachat à au moins 4 milliards de dollars par rapport aux 2 milliards actuels pour les titres ayant une échéance comprise entre 10 et 20 ans et entre 20 et 30 ans. La mesure prendra effet le 9 septembre 2026 et subsistera jusqu'au 4 novembre 2026. Elle vise les obligations à durée longue plus anciennes, ce qui créerait une demande accrue sur un marché où les négociants ont connu des difficultés à se défaire de cette dette, dans un contexte de préoccupations budgétaires et d'attentes d'inflation accrues liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Cette annonce fait suite à une récente inversion des prix du pétrole et des produits raffinés, après la divulgation du plan du Trésor. Les analystes soulignent que les augmentations des rachats viendront atténuer les rendements à long terme en réduisant la disponibilité de la dette sur le marché privé, ce qui amortira les conditions monétaires sans que la FED modifie sa position de politique. Bien que l'action du Trésor ne soit pas une nouvelle phase de politiques de relance quantitative, son impact sur les conditions financières pourrait être comparé aux effets de tels programmes, selon les observateurs du marché.
Par ailleurs, la Réserve pétrolière stratégique (SPR) a atteint son niveau le plus bas depuis 1982, tombant à 298,7 millions de barils à la fin de la semaine qui s'est achevée le 7 août. Le ministère de l'Énergie a recensé une réduction de 6,1 millions de barils pour cette période, ce qui marque pour la première fois que les réserves sont passées sous les 300 millions de barils, après plus de quarante ans. Cette baisse coïncide avec des perturbations de l'offre liées à des facteurs géopolitiques, notamment des attaques iraniennes qui ont entravé le trafic des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, un axe stratégique qui transporte environ un cinquième du pétrole maritime mondial.
L'utilisation de la SPR est conforme à son objectif statutaire, qui a été établi après l'embargo pétrolier des pays arabes de 1973-74, afin de servir de tampon face à des interruptions majeures d'approvisionnement. Le président Trump a autorisé une libération de jusqu'à 172 millions de barils en mars dans le cadre d'une action coordonnée de 400 millions de barils de l'Agence internationale de l'énergie, une démarche conforme à la fonction prévue pour la réserve. Le niveau actuel reflète cette réduction autorisée et non pas une mauvaise gestion ou une mauvaise utilisation, ont déclaré les analystes.
La critique de l'épuisement des réserves stratégiques contraste avec les appels précédents à leur utilisation pour pallier les prix élevés du benzine, notamment une libération de 50 millions de barils en novembre 2021 et un retrait de 180 millions de barils en 2022, tous présentés comme des efforts visant à réduire les prix aux pompes. Les libérations menées par l'administration Biden étaient explicitement liées au contrôle des prix, les responsables affirmant que le but était de réduire les coûts pour les familles américaines. L'élargissement de l'achat d'obligations par le Trésor, par contre, repose sur son mandat de gestion des marchés obligataires, bien que ses effets secondaires sur les conditions financières puissent susciter des examens.
La structure du SPR, stockée dans 61 cavernes de sel réparties sur quatre sites de la Côte du Golfe, n'était jamais destinée à constituer une ressource de stockage permanente, mais à servir d'amortisseur temporaire en cas de perturbations de l'approvisionnement. Son niveau actuel illustre les limites de cette réserve face à des risques géopolitiques persistants ou à des activités de récupération prolongées à des fins autres que d'urgence.



