L'initiative du Trésor américain visant à étendre les rachats d'obligations à long terme a peu contribué à réprimer durablement les rendements à long terme, ont déclaré les économistes de Barclays, car les forces structurelles continuent de pousser les primes d'émission plus haut.
Les rendements à long terme des obligations d’État ont chuté au début suite à l’annonce, mais ont largement rattrapé la baisse au cours d’une journée, selon une note de Barclays rédigée par Jonathan Millar. La banque a décrit l’expansion des rachats comme un analogue modeste de l’opération Twist de la Réserve fédérale, soulignant que les marchés n’étaient pas susceptibles de réagir de manière déterminante sans une justification plus solide.
Barclays aident ces causes de l’augmentation des rendements à long terme : une prévision budgétaire américaine qui se dégrade, une augmentation de la concurrence pour les investisseurs à forte durée de placement à cause de l'émission d’obligations d’entreprises liées à l’IA, ainsi qu’une base d’investisseurs dans le Trésor plus sensible au prix. La banque a averti que les efforts visant à réduire l’offre à longue durée ne répondront pas aux causes sous-jacentes de l’affaissement de la courbe des rendements, lesquelles ont maintenu les prémisses de durée élevées.
L'analyse a également établi des parallèles avec les récentes expériences du Japon, où les tentatives de réduire les émissions à long terme n’ont généré que des réactions temporaires de la part des marchés, avant de s’aplanir. Barclays a par ailleurs minimisé la probabilité d’une réaction de la Réserve fédérale face à l’accroissement des prémisses à terme, en invoquant un mouvement minimal des conditions financières générales et la sensibilité limitée de la Fed aux rendements à 30 ans dans son indice des conditions financières.
Les données économiques récentes soutiennent un scénario de base d'une croissance modérée et d'une désinflation progressive, Barclays estimant que le maintien de la politique monétaire par la Fed en septembre est l'hypothèse la plus probable. Le nombre d'emplois en juillet a été inférieur aux prévisions, tandis que les ventes au détail ont diminué fortement. La croissance de la PCE-Core pour juillet est estimée à 0,19 % mois après mois, ce qui renforce le point de vue selon lequel la tendance désinflationnaire est sous contrôle.
Barclays suivra attentivement les remarques du président de la Fed Jacob F. Lew lors du symposium de Jackson Hole, le 28 août, afin d'analyser la stratégie de communication de la banque centrale, bien que l'on ne s'attende à aucune directive explicite sur les futurs ajustements de la politique monétaire.













