Le rendement des titres du Trésor américain à 30 ans est devenu une source d’attention primordiale pour les investisseurs mondiaux alors que les marchés obligataires à long terme dans le monde entier font face à une forte volatilité et à des pressions sans précédent.
Les analystes de KB Securities estiment que le sentiment des investisseurs vis-à-vis des rendements à long terme américains pourrait être trop négatif, surtout en comparaison des conditions observées sur d'autres marchés développés. Alors que le rendement de 30 ans au Japon a enregistré une hausse à un niveau record, ceux du Royaume-Uni et de l'Europe occidentale se situent à des niveaux qui n'ont pas été observés depuis 1998, soulignant l'ampleur de la tendance à la vente de dettes souveraines. KB Securities attribue cette préoccupation principale à la crédibilité budgétaire, insistant sur la capacité des gouvernements à rembourser entièrement leurs dettes et leurs intérêts dans un contexte de hausse des coûts d'emprunt.
Les rendements à long terme sont influencés par les attentes en matière d'inflation, la dynamique entre l'offre et la demande ainsi que les perspectives de croissance réelle, mais KB Securities souligne la crédibilité fiscale comme le principal élément menaçant l'anxiété actuelle du marché. La société note également une forte corrélation entre l'écart de rendement de la courbe et les ratios de la dette publique, suggérant que la santé budgétaire demeure un déterminant critique des coûts de financement à long terme.
Selon un sondage de Bloomberg, 66 % des répondants prévoient que le rendement des obligations d'État américaines à 10 ans dépassera 5 % cette année, et 28 % l'attendent pour le troisième trimestre. Ce sondage reflète une augmentation de l'attente du marché à l'égard d'une pression soutenue et croissante sur les taux à long terme, alors même que les conditions fiscales des États-Unis restent relativement stables par rapport à celles de leurs pairs.
La KB Securities avertit que les réponses de politique monétaire précèdent généralement toute possible effondrement des marchés, mentionnant les mesures prises dans les premiers temps, telles que l'intervention coordonnée sur le marché des changes avec le Japon et l'éventuel rachat du Trésor. D'autres instruments de politique, dont la consolidation fiscale, l'opération Twist et la déréglementation bancaire, restent disponibles en cas d'aggravation de la situation.












