Les États-Unis imposeront une taxe de 50 % sur 20 milliards de dollars canadiens de biens canadiens, avec l'énergie, les matières premières et les actions des banques de Toronto (TSX) les plus exposées aux nouvelles mesures. Le Canada a indiqué qu'il riposterait.
Les exportateurs d’énergie figurent parmi les acteurs les plus directement touchés. Enbridge, qui exploite d’importants pipelines alimentant les États-Unis, a enregistré des revenus de 65,19 milliards $ CAD au cours de l’exercice 2025 et un rendement annuel de 10,9 %. Suncor Energy, avec des revenus de 48,91 milliards $ CAD et un gain annuel de 72,6 %, doit faire face à une augmentation des coûts dans ses activités de raffinage et d’exportation aux États-Unis. Canadian Natural Resources, dont les revenus atteignent 38,76 milliards $ CAD et le rendement annuel 71 %, et Cenovus Energy, avec des revenus de 49,70 milliards $ CAD et un gain annuel de 98,1 %, tirent un revenu important de la vente et des marges de raffinage de pétrole brut aux États-Unis.
Les sociétés du secteur des matériaux sont également coupées dans la même pièce. Teck Resources, un important exportateur américain d’acier et de métaux, a affiché des recettes de 10,76 milliards $ CAD et un rendement sur un an de 112,3 %, ce qui en fait une cible privilégiée pour les mesures tarifaires. L’exposition des États-Unis de la société est un facteur de risque important pour les investisseurs qui surveillent les évolutions de la politique commerciale.
Les banques ne sont pas épargnées. La Banque royale du Canada, avec un revenu de 62,24 milliards de dollars canadiens et un rendement annuel de 53,8 %, exploite des activités commerciales et de marchés des capitaux importantes aux États-Unis. La Banque Toronto-Dominion, qui génère un revenu de 63,27 milliards de dollars canadiens et un gain annuel de 63 %, se classe parmi les 10 premières banques de détail américaines en termes de dépôts, ce qui expose son moteur de profit américain. La Banque de Nouvelle-Écosse, avec un revenu de 31,64 milliards de dollars canadiens et un rendement annuel de 58 %, maintient un focus américain et latino-américain qui pourrait souscrire à une pression indirecte.
Les noms du secteur des transports sont également dans le viseur. Canadian Pacific Kansas City, avec 15,08 milliards de dollars de revenus et un rendement de 30 % en un an, exploite un réseau ferroviaire étendu aux États-Unis qui pourrait être perturbé par les frictions dans les chaînes d'approvisionnement. TC Energy, avec 15,24 milliards de dollars de revenus et un rendement de 27,4 % en un an, reste un joker dans le contexte de la reprise des discussions sur les pipelines États-Unis-Canada, notamment en raison de son système Keystone.
Les tarifs entrent en vigueur lorsque les entreprises financières canadiennes annoncent leurs résultats. Le 24 août 2026, la Banque de Montréal et la Banque de Nouvelle-Écosse ont publié de solides résultats pour le troisième trimestre, les actions de la dernière mentionnée ayant augmenté de 4,56 % après la publication. Cette mesure intervient alors que les prix du brut aux États-Unis se sont resserrés, même si les exportateurs pétroliers canadiens comme Suncor et Canadian Natural Resources détiennent toujours un levier sur la demande américaine. Les exploitants de pipelines, dont TC Energy, font l'objet d'un nouveau examen politique alors que le commerce transfrontalier d'énergie réapparaît comme une source de tensions politiques.
Ces mesures soulignent l'accroissement des frictions commerciales entre les deux nations et leurs répercussions directes sur les exportateurs listés sur la Bourse de Toronto dont les activités aux États-Unis sont importantes.












