J’ai été stupéfié lorsque le Trésor a annoncé son « D-Day économique » suivant – une extension des sanctions secondaires qui punira toutes les entités qui aident l’Iran à exporter du pétrole. Le timing n’est pas un hasard ; le détroit d’Ormuz est déjà tendu, et Washington parie que des pressions financières plus strictes mettront fin aux dernières voies d’exportation de l’Iran.
Les sanctions secondaires sont un outil rudimentaire mais efficace. En menaçant les licences des banques et fournisseurs de services non américains, elles provoquent une cascade de facteurs de désinvestissement dépassant de loin les côtes américaines. Dans le passé, des mesures similaires ont poussé les assureurs européens et les prêteurs asiatiques à se retirer des transactions pétrolières iraniennes, même lorsque les sanctions directes imposées par les États-Unis étaient peu sévères.
Pour les commerçants de produits de base, les conséquences sont immédiates. Le financement commercial, qui autrefois circulait au sein d'un réseau de banques corrépondantes, fait désormais l'objet d'un contrôle accrue, et le coût de la garantie des lettres de crédit pour les cargaisons liées à l'Iran va augmenter dramatictement. L'effet de propagation engendre une contraction du pool de contreparties disposées, ce qui réduit à son tour la liquidité sur le marché du pétrole au comptant.
Du point de vue de l'offre, la production de brut de l'Iran est déjà limitée par les sanctions antérieures et par une infrastructure intérieure dégradée. L'ajout d'un facteur secondaire réduira probablement l'offre mondiale d'environ quelques centaines de milliers de barils par jour. Ce manque ne restera pas dans le vide – il sera absorbé par des achats au comptant à prix plus élevé, poussant les contrats à terme de Brent et de WTI vers un régime de prime de risque.
L'Iran n'est pas une victime passive. Pékin et Moscou ont exprimé leur volonté d'agir en qualité d'intermédiaires alternatifs, en recourant à des transferts de bateaux à bateaux dans l'océan Indien ou à des oléoducs terrestres. Toutefois, le régime secondaire élargi vise expressément les entités de pays tiers qui facilitent l'administration de ces mouvements, ce qui augmente les enjeux pour toute entreprise qui ose faire le tampon. Le résultat pourrait être un commerce très clandestin, mais aussi un risque plus important d'action de la part des autorités, qui pourrait handicaper les activités mondiales d'une banque.
Pour les participants au marché, la conséquence pratique est une hausse de la volatilité et une prime accrue sur les assurances et l'assurance contre les risques. Les assureurs maritimes ont déjà commencé à augmenter leurs tarifs, et les spécialistes devront intégrer une"marge géographique et géopolitique"plus large dans leurs estimations des contrats de pétrole brut. Ceux qui peuvent naviguer dans le nouveau paysage de la conformité trouveront des opportunités, mais le marché dans son ensemble présentera un risque accru.
Ma position est claire : cette pression sur les sanctions n'est pas un geste symbolique. C'est une tentative stratégique de redessiner l'architecture du commerce mondiale du pétrole en rendant le chemin d'exportation de l'Iran non seulement coûteux, mais dangereux pour quiconque y touche. La conséquence sera des marchés physiques plus serrés, des coûts financiers plus élevés et un basculement à long terme vers un écosystème des produits de base plus fragmenté et plus sensible aux sanctions.













